Une enquête de presse attribue trois meurtres à l’équipe du FSB liée à l’empoisonnement d’Alexeï Navalny

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Lors de la perquisition des bureaux de l’opposant Alexeï Navalny, à Moscou, le 27 janvier 2021.

« Si on l’avait voulu, l’affaire aurait été menée à son terme. » Le 17 décembre 2020, le président russe, Vladimir Poutine, balayait par cette formule laconique les enquêtes de presse détaillant l’implication de Moscou, et singulièrement du FSB, l’agence de renseignement, dans l’empoisonnement de l’opposant Alexeï Navalny, survenu au mois d’août à Tomsk, en Sibérie.

Cet argument résonne d’une étrange manière avec la nouvelle enquête publiée mercredi 27 janvier par les sites d’investigation Bellingcat et The Insider. Il en ressort que le même commando de médecins et spécialistes des armes chimiques mis en cause dans le dossier Navalny est associé à trois meurtres par empoisonnement survenus en Russie depuis 2014 – ceux d’un journaliste, d’un militant régional et d’un homme politique. Autrement dit, pour paraphraser M. Poutine, dans ces trois cas, l’affaire fut menée à son terme.

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Le premier concerne Timour Kouachev, un journaliste de 26 ans habitant Naltchik, dans le Caucase du Nord. Il avait disparu le 31 juillet 2014 avant d’être retrouvé dans un bois, le corps couvert d’hématomes et une trace de piqûre sous l’aisselle. Malgré ces faits, l’enquête avait conclu à une mort due à une « insuffisance coronarienne aiguë ». Autre élément troublant, la disparition de ses derniers échanges téléphoniques et celle des images de quatre caméras de surveillance pointées sur sa rue.

Quel lien avec Alexeï Navalny ? Plusieurs des noms apparus dans l’enquête sur l’empoisonnement de l’opposant apparaissent également dans le dossier Kouachev. Il y a par exemple Konstantin Koudriavtsev, qui atterrit à Naltchik le 13 juillet 2014. Cet agent présumé du FSB appartient à l’équipe de médecins et de chimistes qui suivaient Alexeï Navalny depuis 2017 et étaient présents à Tomsk le jour de son empoisonnement.

Slip imbibé de poison Novitchok

C’est même lui qui, plus tard, fut piégé par M. Navalny lui-même. Ce dernier s’était fait passer pour un supérieur et lui fit avouer au téléphone son rôle dans l’affaire – laver les habits de l’opposant, et en particulier son slip imbibé d’une substance qui se révélera plus tard être un poison de type Novitchok.

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Un autre agent du « commando Navalny » était présent à Naltchik en même temps que Koudriavtsev, ainsi que d’autres agents présumés du FSB. Tous modifieront leur billet de retour pour Moscou du 30 au 31 juillet, soit le jour de la mort de Timour Kouachev. Si un empoisonnement avait été évoqué dans un premier temps, il avait ensuite été écarté après une expertise conduite… par un institut rattaché au FSB.

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