Un eurodéputé du parti de Viktor Orban démissionne après une soirée de débauche sexuelle en plein confinement

0
17


Jozsef Szajer lors d’un événement de campagne du Fidesz en amont des élections européennes, à Budapest, en avril 2019.

Les voisins d’un appartement de Bruxelles qui, vendredi 27 novembre, appelaient la police pour se plaindre d’un tapage nocturne, ignoraient qu’ils allaient causer une déflagration au sein du Fidesz, le parti ultra-conservateur du premier ministre hongrois, Viktor Orban.

Les policiers, arrivés sur place pour constater une infraction aux mesures de confinement en vigueur dans la capitale belge, troublaient alors une partie de débauche sexuelle, avec alcool et stupéfiants à la clé. Parmi la vingtaine de personnes présentes, essentiellement des hommes, deux diplomates invoquaient rapidement leur immunité.

Un troisième individu, qui avait tenté de s’échapper en dégringolant, à moitié dénudé, le long d’une gouttière, était retrouvé les mains ensanglantées. Démuni de tout papier d’identité, il invoquait, lui aussi, son statut diplomatique et dévoilait qu’il était Jozsef Szajer, eurodéputé et pilier du Fidesz, une formation pour laquelle il a siégé sans discontinuer depuis l’adhésion de son pays à l’Union européenne (UE), en 2004.

Excuses

Dimanche, alors que ces événements n’étaient pas connus, l’élu tentait d’éteindre le feu qui couvait. Il annonçait sa démission « après une longue période de réflexion » et affirmait que ce retrait de la vie publique n’avait rien à voir avec « le débat politique animé du moment au niveau européen ». Une allusion, sans doute, au refus de M. Orban d’accepter une clause relative à l’Etat de droit pour bénéficier des fonds européens. Avec la Pologne, la Hongrie bloque le plan de relance et le futur budget de l’UE.

Mardi après-midi, M. Szajer diffusait un deuxième communiqué, d’une tout autre teneur. Après les révélations d’un quotidien belge, il devait, cette fois, confesser son regret d’avoir violé les règles du confinement. Il présentait ses excuses et priait chacun de ne pas mettre en cause son pays. L’élu niait aussi avoir consommé de la drogue et affirmait que des produits trouvés dans son son sac à dos y avaient été glissés à son insu.

Véritable pilier du Fidesz à Bruxelles, aîné de deux ans du premier ministre hongrois, M. Szajer a participé à la fondation de ce parti, au côté de M. Orban, en 1988, alors que la Hongrie était encore soumise à une dictature communiste.

En tant que vice-président à Bruxelles du Parti populaire européen (PPE), ce brillant juriste a notamment été en première ligne pour négocier les relations difficiles de son parti avec la famille des droites européennes au cours des dernières années. En mars 2019, il avait pu, avec d’autres, empêcher l’exclusion de son parti du PPE mais il avait dû se résigner à la suspension du Fidesz, laquelle a été reconfirmée en janvier par Donald Tusk, le président du parti conservateur européen.

Il vous reste 40.64% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

Have something to say? Leave a comment:

Booking.com