[Société] Le conseil scientifique préoccupé par la présence du variant sud-africain près de La Réunion et Mayotte

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De nouvelles mesures pourraient être décidées mercredi lors du conseil de défense, pour ralentir l’épidémie de Covid-19 en France, surtout face aux variants anglais et sud-africains, plus contagieux. Le conseil scientifique s’inquiète notamment de la présence du variant sud-africain dans l’océan indien, aux portes de La Réunion et Mayotte. 

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Le variant sud-africain est déjà détecté en France, et inquiète également, notamment parce que des questions sont posées sur sa possible résistance aux vaccins. “Il faut sûrement restreindre de façon drastique nos relations avec l’Afrique du sud, c’est vrai pour la métropole c’est encore plus vrai pour la Réunion et Mayotte”, a recommandé le Pr Delfraissy.

“Il y a trois cas, à ma connaissance, qui ont été isolés en France (métropolitaine, ndlr), mais notre inquiétude sur le variant sud-africain porte beaucoup sur Mayotte, et sur La Réunion, parce qu’il y a beaucoup de liens entre l’Afrique du Sud et La Réunion”, a déclaré le Pr Jean-François Delfraissy invité sur franceinfo. 

“Ce qu’on sait c’est qu’il est survenu en Afrique du Sud dès le mois d’octobre, puis qu’il s’est étendu. On pense qu’il représente à peu près 15 à 20% du virus circulant en Afrique du Sud, mais on manque de données, c’est difficile”, a ajouté le Pr Delfraissy. 

 

 

Le député mahorais veut faire de Mayotte un département prioritaire pour la vaccination 

 

Le député mahorais Mansour Kamardine lui, interpelle depuis plusieurs jours le gouvernement sur la situation de l’île de Mohéli aux Comores. Là-bas, la flambée épidémique a conduit au décès de 7 personnes les 9 et 10 janvier derniers. Le député Kamardine est d’autant plus inquiet que, selon lui, les arrivées de kwassas clandestins à Mayotte, en provenance des Comores, n’ont pas cessé, au contraire. Il craint donc que le variant sud-africain, qui semble déjà circuler aux Comores, n’atteigne donc Mayotte, puis La Réunion, et ainsi de suite. Par conséquent, mardi encore, il réclamait lors d’une intervention à l’Assemblée nationale, que Mayotte devienne un département prioritaire pour la vaccination, afin de stopper la circulation du virus. 

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Le député réunionnais Jean-Hugues Ratenon attirait lui aussi l’attention du ministre de la Santé Olivier Véran, en commission des Affaires sociales, sur l’urgence d’agir dans l’océan indien face au variant sud-africain. Olivier Véran lui a répondu que le ministère de la Santé suivait la situation aux Comores “de très près”. “Je ne sais pas si on peut assurément faire le lien entre le variant sud-africain et l’accentuation de l’épidémie aux Comores, mais on ne peut pas se priver de le faire”, poursuivait-il. 

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C’est dans ce contexte que les autorités souhaitent accélérer la campagne de vaccination, après un démarrage poussif et critiqué. Si elle est déjà lancée depuis le 27 décembre en France métropolitaine, La Réunion, tout comme Mayotte, attendent toujours leur tour. Concernant La Réunion, l’ARS avait annoncé qu’elle démarrerait le 15 janvier. Les vaccins sont a priori arrivés à La Réunion ce mercredi, et l’ARS et la préfecture doivent dévoiler la stratégie vaccinale vendredi en fin de journée. 

Selon le dernier bilan, près de 190.000 personnes ont reçu leur première injection sur les deux prévues au début de la campagne, le 27 décembre, alors que la France disposait la semaine dernière d’un million de doses du vaccin Pfizer/BioNTech.

 

Le variant anglais, l’inquiétude principale 

 

Mais la principale inquiétude des autorités et des experts sanitaires porte sur la circulation du variant “VOC 202012/01”, qui a provoqué une flambée épidémique au Royaume-Uni, où les hôpitaux sont submergés. Ce variant représente désormais environ 1% des tests positifs au Covid-19 en France, selon les résultats préliminaires d’une enquête menée sur deux jours la semaine passée, d’après le ministre de la Santé Olivier Véran.

“On est dans une sorte de course de vitesse entre l’apparition de ce variant” et “la vaccination des personnes les plus fragiles”, a déclaré M. Delfraissy.

“Il faut vacciner le plus de gens le plus vite possible, pour que ce variant anglais ne fasse pas encore plus de mal que ce qu’on a déjà vécu”, a renchéri sur France Inter la réanimatrice de l’hôpital Bichat Lila Bouadma, elle aussi membre du Conseil scientifique.

Le conseil scientifique souhaite également prendre “un certain nombre de mesures plus strictes”. Mais “on n’est pas dans l’extrême urgence. Laissons-nous quelques jours pour voir”, a déclaré l’immunologue le Pr Delfraissy, qui recommande par ailleurs de laisser les écoles ouvertes, avec des “mesures de surveillance beaucoup plus strictes”. 

Un reconfinement semble écarté à ce stade. Mais l’ajout de territoires aux 25 départements déjà sous couvre-feu dès 18h00, voire sa généralisation à l’ensemble du pays, fait partie des hypothèses envisagées, selon des sources proches du gouvernement, qui dévoilera son plan lors d’une conférence de presse jeudi.

avec © Agence France-Presse

                





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