[Société] La grippe, un virus à ne pas négliger

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En ce début de mois de juillet, la Réunion est en plein dans la période grippale. Une épidémie qui s’ajoute à la dengue et au covid-19, qui sévissent depuis plusieurs mois. Si la grippe saisonnière peut sembler banale, elle ne l’est pourtant pas rendant la vaccination plus importante cette année.

Alors que la dengue et le covid-19 circulent activement depuis plusieurs mois sur l’île, la saison de la grippe est ouverte désormais. C’est donc un 3e virus qui s’ajoute aux deux autres épidémies déjà en cours. Fièvre, courbatures, nez qui coule… Les symptômes de ces trois maladies sont assez semblables. Pour arriver à les différencier, et notamment pour les deux maladies respiratoires que sont la grippe et le covid-19, les médecins traitants devront réaliser des prélèvements aux patients qui viendront les voir avec ces symptômes. Ce dépistage nasal permettra de savoir s’il s’agit d’une simple grippe ou du covid-19. Les cabinets médicaux pourraient donc bien voir leur fréquentation augmenter cette année. “Il faut en effet que les gens consultent plus pour éliminer les moindres doutes”, insiste le docteur Bernard Gaüzere.

 

 

La vaccination pour tout le monde

 

La campagne de vaccination a débuté il y a un peu plus d’un mois et se poursuit jusqu’à fin septembre. Elle a été décalée de deux mois à cause du confinement. Des vaccins gratuits sont proposés aux personnes les plus vulnérables, comme notamment les personnes de plus de 65 ans.

Si toutes ces personnes se faisaient vacciner, cela faciliterait ainsi la différenciation entre la grippe et le covid-19″, explique le docteur Gaüzere. Il est rejoint par le docteur Philippe De Chazournes: “Il vaut mieux le faire, pour ne pas avoir de regret, d’autant plus si cela permet d’éviter des morts”. “Souvent des personnes de 65 ans, en pleine forme, viennent me voir pour me dire qu’elles ne veulent pas se faire vacciner. Je leur dis, si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour les plus fragiles”, ajoute-t-il.

Selon lui, malgré la conjoncture actuelle, le vaccin contre la grippe ne deviendra pas gratuit pour tous, et encore moins obligatoire. Pourtant fortement recommandé par l’ARS, le vaccin contre la grippe n’est pas systématique pour la population française. “Chez les soignants par exemple, seuls 20% en moyenne se font vacciner”, explique le docteur Gaüzere, qui espère voir ce taux augmenter. Mais c’est également le cas pour l’ensemble des Français. “Il faut que les gens se vaccinent davantage, et pas que les personnes âgées et les personnes en insuffisance. Tout le monde est concerné, quel que soit l’âge et son état de santé. “

“Mais la vaccination est un véritable débat, il y a des vaccins utiles et des inutiles, les gens mélangent tout et cela devient contreproductif”, explique-t-il. Bien que l’efficacité du vaccin contre la grippe ne soit que de 20 à 30 %, “c’est un vaccin peu polémique, qui n’a pas d’effets indésirables”, confie le docteur De Chazournes. Mais au-delà de la vaccination, il faut surtout adopter des gestes simples pour éviter la contamination, comme se laver les mains et éternuer dans son coude.

 

 

Veiller contre la grippe pour freiner le covid

 

“Au-delà de la grippe saisonnière, il faut également se méfier de la réouverture de l’aéroport”, confie le docteur Gaüzere, qui craint un nouveau pic de covid. Pour l’heure, le virus a déjà fait quasi 30 000 décès depuis le début de la pandémie en France, contre 10 000 à 15 000 morts en moyenne pour la grippe. Dans les deux cas de figure, les chiffres sont sous-estimés et ne prennent pas en compte les nombreux décès à domicile et dans les Ehpad.

“Ce qu’il faut également noter c’est le taux de mortalité, qui est de 0,1% pour la grippe et déjà de 0,5% pour le covid-19 “, précise le docteur Gaüzere. C’est pourquoi, au-delà d’inciter à la consultation et au vaccin, le docteur invite également à maintenir les gestes barrière. “Si un soignant a la goutte au nez, cela serait tout même mieux que ce soit la grippe et pas le covid… “, note le docteur Gaüzere.

Pour le docteur De Chazournes, cette peur face au covid-19 est exagérée (si on regarde le ratio de morts par habitant) mais compréhensive car “les gens sont les médias, or aucun virus n’a jamais détruit la planète”. Malgré une baisse des consultations ces dernières semaines, les vaccinations contre la grippe vont sans doute augmenter “car les médias en parlent: on incite à la vaccination, ce qui ne sera pas forcément le cas quand le premier vaccin Covid-19 va sortir”, explique-t-il.

 

 

Charline Bakowski

 

 


L’importance de la vaccination

 

Selon le médecin généraliste Christine Kowalczyk. on note une augmentation du taux de vaccination depuis le début de la campagne 2020. “Je pense que les gens commencent à être sensibilisés sur le fait que se vacciner permet d’éviter la maladie. ” Peut-être que le Covid-19 pèse dans la balance dans cette prise de conscience. “Il est possible d’être contaminé par les deux maladies, si on peut l’éviter, il faut se protéger”, indique Christine Kowalczyk.

“En France, on mise plus sur le soin que sur la prévention”, note Christine Kowalczyk, ce qui expliquerait, selon elle, pourquoi les gens n’ont pas forcément le réflexe de se faire vacciner. “Tant qu’ils n’ont pas été atteints eux ou qu’un membre de leur famille n’a pas fini en réanimation, ils ne se rendent pas compte que si l’on n’est pas immunisé, cela peut être grave.” L’idéal serait de ne pas trop attendre pour se faire vacciner, “pour être tranquille au pic de la grippe en septembre, car le délai d’immunité est d’environ de deux mois”, déclare-t-elle. En effet, on note depuis deux ans un retard de la grippe à La Réunion, avec un pic à la fin de l’hiver austral.

 


 

La gratuité pour les plus fragiles

 

Les personnes de plus de 65 ans, celles atteintes d’une maladie chronique ou d’obésité sévère, les femmes enceintes, l’entourage familial des nourrissons de moins de 6 mois à risque de grippe grave sont des personnes dites “à risques”. Touchées par la grippe, elles peuvent développer des formes graves, voire mortelles.

Un courrier d’invitation et de prise en charge de la vaccination leur est adressé par l’Assurance Maladie, qui prend en charge à 100% le vaccin. Ce courrier est également envoyé aux professionnels de santé libéraux éligibles. lls peuvent ensuite se rendre en pharmacie pour récupérer leur vaccin gratuitement. A la Réunion aujourd’hui, près d’une quarantaine de pharmacies peuvent réaliser ce type de vaccin.

Pour tous les autres assurés souhaitant se faire vacciner, la dose est payante. Son prix est de 6 euros mais l’Assurance Maladie prend tout de même en charge environ 65% du montant. Ce qui revient à 2 euros en moyenne le vaccin.

 

 

En chiffres

33%

des personnes éligibles sont vaccinées à la Réunion

52 785

personnes vaccinées (sur 157 787 personnes concernées)

60 000

consultations pour la grippe

7

décès dus à la grippe



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