reprise surréaliste des négociations entre Londres et Bruxelles

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Le négociateur de l’UE pour le Brexit Michel Barnier et le conseiller de Boris Johnson pour l’Europe David Frost, le 2 mars à Bruxelles.
Le négociateur de l’UE pour le Brexit Michel Barnier et le conseiller de Boris Johnson pour l’Europe David Frost, le 2 mars à Bruxelles. POOL New / REUTERS

Après un mois d’arrêt, les négociations sur le Brexit ont repris ce lundi 20 avril, exclusivement par visioconférence entre Londres et Bruxelles, pandémie oblige. « Nous devons avancer dans tous les domaines: notre objectif est de faire des progrès tangibles d’ici juin », a tweeté Michel Barnier, le négociateur de l’Union européenne, dans l’après midi.

En réalité, à l’exception du gouvernement Johnson, qui refuse mordicus une extension au-delà du 31 décembre 2020 de la période de transition, tous les Européens – et pas mal de Britanniques – sont convaincus qu’il faut donner plus de temps aux parties pour parvenir à un accord, dans un contexte où les dirigeants sont bien trop occupés par la crise sanitaire pour gérer d’autres urgences.

« Nous ne réclamerons pas d’extension de la période de transition, et, si l’Union européenne [UE] en fait la demande de son côté [ce qui est une possibilité], nous la refuserons, a ainsi asséné le porte-parole de Downing Street, jeudi 16 avril. « Etendre la période de transition reviendrait à prolonger les discussions, l’incertitude pour les milieux économiques, et retarderait notre capacité à contrôler nos frontières. Cela nous maintiendrait liés à la législation européenne, à un moment où nous avons précisément besoin de flexibilité économique et législative pour ajuster la réponse du Royaume-Uni à la pandémie du coronavirus. »

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Cette très ferme mise au point faisait suite à un point téléphonique, mercredi 15 avril, entre Michel Barnier, négociateur en chef européen pour le Brexit, et David Frost, son alter ego britannique. Les deux hommes ne s’étaient pas parlé depuis mi-mars, étant tous deux tombés malades. Les séances de travail prévues fin mars et début avril ont été annulées. Le Français ayant été testé positif au Covid-19, la centaine d’experts de l’équipe européenne a dû observer une quarantaine. Les deux hommes ont arrêté un nouveau calendrier de négociations de la « relation future » post-Brexit : outre la séquence de cette semaine, deux autres devraient suivre, à partir du 11 mai puis du 1er juin. Les deux cents négociateurs britanniques et européens ont été répartis dans neuf groupes de travail virtuels.

Un premier ministre convalescent

La position de Downing Street n’a rien de nouveau : le gouvernement Johnson répète depuis fin 2019 qu’il n’est pas question d’accepter une prolongation de la période de transition au-delà de la fin de cette année. Pourtant, selon le traité de divorce entre Bruxelles et Londres, le Royaume-Uni peut bénéficier de la transition – des droits et devoirs d’un membre de l’UE – jusqu’à fin 2022. Mais la donne a évidemment changé avec l’épidémie de coronavirus : depuis mi-mars, comme les autres gouvernements européens, Downing Street gère dans l’urgence une crise pandémique historique.

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