Président Trump, an IV : l’heure du face-à-face

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Le président américain Donald Trump lors d’un événement de campagne à Middletown, en Pennsylvanie, le 26 septembre.

Le bulldozer contre le bégayeur : le premier débat entre les deux principaux candidats à l’élection présidentielle, mardi 29 septembre, Donald Trump et Joe Biden, est la promesse d’envolées lyriques et d’arguments échangés dans la concorde et le respect mutuel. Ceux qui videront un verre chaque fois que sera prononcée la phrase « si vous me permettez de vous interrompre » devraient pouvoir garder l’esprit alerte à la fin de la soirée.

Faute de meetings géants et bains de foule, les trois rencontres, complétées par un face-à-face attendu entre le vice-président, Mike Pence, et celle qui veut prendre sa place, Kamala Harris, sont tout ce qui reste des campagnes d’avant le coronavirus. Les voici donc surchargées d’enjeux et de sens alors qu’une écrasante majorité (71 %) des personnes interrogées par le Wall Street Journal estime qu’elles n’ont pas beaucoup d’importance, 44 % les jugeant même « pas du tout » déterminantes.

Le bégayeur contre le bulldozer : les jeux sont faits avant même que soit posée la première question pour une majorité d’Américains interrogés par l’université Suffolk, qui déclare déjà Donald Trump vainqueur (47 % contre 41 %). Le président sortant devrait attaquer son adversaire sur sa famille. Son fils Hunter est déjà qualifié de corrompu à chaque occasion alors que la Trump Organization est par ailleurs la cible d’enquêtes. Diplômé en gaffes, Joe Biden ne s’est jamais montré magistral lors des débats des primaires démocrates. Les participants étaient si nombreux, jusqu’au début du mois de mars, qu’ils devaient patienter en attendant leur tour. Le président sortant est au centre de tout depuis bientôt quatre ans et dévore les meetings de substitution organisés sur les tarmacs d’aéroport avec un appétit inextinguible.

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Champion des « faits alternatifs »

On souhaite beaucoup de courage à Chris Wallace, le journaliste de Fox News qui est sans doute actuellement le meilleur interviewer des chaînes de télévision américaines, pour préserver mardi un semblant d’ordre. Joe Biden a souhaité que les affirmations du président, champion des « faits alternatifs », selon l’expression de sa conseillère Kellyanne Conway, soient vérifiées en temps réel, même si la tâche ne figure pas dans la fiche de poste de l’arbitre. Il s’agit de toute façon d’un vœu pieux. Autant tenter d’effacer l’horizon avec une éponge. Il serait en fait plus aisé d’agiter une sonnette chaque fois que Donald Trump respecte les faits. Chris Wallace ne risquerait guère que l’ankylose.

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