polémique sur le décompte des cas de Covid-19

0
20


Manifestation le 26 novembre à Athènes, à l’occasion d’une grève générale dans les services publics pour demander le recrutement de soignants.

En pleine seconde vague de l’épidémie due au coronavirus, plus virulente que la première en Grèce, l’organisation nationale de santé publique (EODY) est sous le feu des critiques depuis ce week-end. Deux journaux, Dimokratia et To Vima, affirment que deux systèmes parallèles pour compter le nombre de cas dans le pays ont été mis en place.

Durant la première vague, un seul registre tenu par l’EODY existait mais, à partir de l’été, un second est apparu. Les médecins et laboratoires doivent déclarer le nombre de cas quotidiennement sur les deux registres. Les deux publications pointent du doigt l’organisme public, qui aurait voulu créer son propre registre en confiant sa mise en place à une société privée bénéficiant d’un contrat juteux, et qui aurait caché le nombre de cas réels menant à une mauvaise gestion de la seconde vague.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi En Grèce, le rôle controversé de l’Eglise orthodoxe dans la propagation du Covid-19

Ainsi, un cas découvert dans un hôpital serait recensé dans le premier registre et un autre repéré par une unité mobile ou dans un centre de santé serait déclaré dans le second registre. Selon le journal de centre-gauche To Vima, ces deux listes concurrentes sont le résultat d’un « profond désaccord » entre d’un côté le Comité des experts présidé par l’épidémiologiste Sotiris Tsiodras et le secrétaire d’Etat à la protection civile, Nikos Hardalias, et de l’autre le ministère de la santé et l’EODY. Selon le quotidien conservateur Dimokratia, le chaos créé par l’existence de ces deux listes aurait conduit à « sept jours de retard » dans les données statistiques publiées chaque soir par les autorités.

« Gâchis sans précédent »

A la suite de ces accusations, une enquête judiciaire a été ouverte lundi. Le président de l’EODY, le président du comité des experts et le ministre de la santé doivent être auditionnés. « Cela n’a pas été fait pour cacher un nombre de cas au public, mais il y a eu une mauvaise gestion. Pourquoi demander aux laboratoires par exemple de déclarer sur deux plates-formes différentes le nombre de cas testés ? C’est juste stupide », déclare un membre du comité scientifique. « Si 2 152 nouveaux cas sont enregistrés, nous devons savoir sur combien de tests effectués. Pour arriver à des conclusions et avoir une idée de la mortalité par région, nous manquons souvent de données… », poursuit le médecin.

Konstantinos Farsalinos, qui dirige une équipe de recherche nommée « Coronavirus Greece Research Group », abonde dans le même sens : « Il y a un manque de transparence dans les statistiques publiées. Nous n’avons pas une vision bien précise du taux de mortalité, de l’âge des personnes décédées, de l’évolution par région… » « Le décompte du nombre de cas est totalement faussé parce que les tests depuis le début de l’épidémie n’ont pas été réalisés gratuitement et à grande échelle, et aucune étude épidémiologique n’a été réalisée », poursuit le chercheur.

Il vous reste 46.75% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

Have something to say? Leave a comment:

Booking.com