Plantes : comment les utiliser pour se soigner naturellement ?

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Le terme galénique signifie que ces produits phytothérapiques ont subi une légère transformation destinée à garantir un niveau minimal connu de un ou de plusieurs de leurs principes actifs. En achetant de tels produits, vous obtenez la meilleure qualité proposée dans le commerce. La normalisation permet de compenser largement les variations naturelles des plantes en vrac – vendues en récipient ou en flacon, au poids – et élimine toute incertitude des préparations à base de plante. Vous connaissez exactement la quantité de principes actifs que vous ingérez.

Malheureusement, la normalisation rend les plantes plus coûteuses que si elles sont vendues en vrac. Tout onéreux qu’il soit, cependant, le prix de traits de plantes normalisés ne représente qu’environ un dixième en moyenne du prix des médicaments pharmaceutiques servant à traiter la même maladie, si bien que vous y ces gagnez largement lorsque vous choisissez la voie des remèdes verts galéniques.

Il est vrai que les extraits normalisés sont quelque peu sujets à variation, car plus longtemps ils sont stockés, moins ils sont efficaces. N’oublions pas, toutefois, que les médicaments pharmaceutiques, eux aussi, sont loin d’être stables.

Vous trouverez généralement des extraits de plantes normalisés très facilement partout où l’on vend des produits à base de plantes. Si vous n’en voyez pas, demandez-les. Lorsqu’un produit à base de plantes est normalisé, l’étiquette en fait mention.

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Onagre – Source : spm

Ce que l’étiquette ne vous dit pas

Il est regrettable que dans la majorité des cas, l’étiquette des préparations à base de plantes médiciniales ne dise pas grand- chose d’autre. La raison en est qu’une plante doit être approuvée en tant que « médicament » par les services sanitaires avant que ses utilisations médicales ou thérapeutiques puissent être spécifiées. Les firmes qui souhaiteraient commercialiser telle ou telle plante doivent dépenser une fortune pour fournir toutes les preuves souhaitables que la plante en question est sans danger et suffisamment efficace. Bien entendu, les géants de l’industrie pharmaceutique sont les seuls à disposer de pareilles sommes d’argent. Quel individu sain d’esprit voudrait dépenser des millions pour prouver les vertus d’une plante ? Pour la même raison, les fabricants n’ont pas le droit d’apposer sur les produits à base de plantes une étiquette mentionnant d’éventuels effets secondaires, car les services sanitaires considèrent ces affirmations comme étant d’ordre médical. En l’absence d’étiquettes claires et complètes, le consommateur ne dispose pas d’informations suffisantes.

L’un des objectifs de cet article est donc de vous fournir les informations nécessaires pour que vous soyez en mesure d’utiliser les plantes sans danger et de manière efficace. Malgré tout, je souhaite sincèrement que les fournisseurs soient autorisés à inclure un certain nombre d’informations fiables sur les étiquettes de produits à base de plantes. Chacun devrait avoir accès à ces données lors de l’achat de tout produit ou remède à base de plantes. J’espère que si nous sommes un jour suffisamment nombreux à réclamer cela, nous finirons par pouvoir acheter des produits normalisés à base de plantes munis d’étiquettes amplement informatives à l’intention du consommateur.

Voici une douzaine de plantes médicinales particulièrement importantes que je vous conseille d’acheter sous leur forme normalisée. (Si, pour une raison quelconque, il vous est impossible d’acheter la plante sous cette forme, vous pouvez sans problème utiliser la plante en vrac – à l’exception du ginkgo.)

Aubépine. Ce buisson à croissance lente est utile pour traiter les problèmes cardiaques. Il s’agit d’un médicament puissant qui ne doit être ingéré que sous contrôle d’un médecin.

Camomille. La teinture est un sédatif et peut servir de base à la préparation d’une boisson chaude calmante en cas de maux d’estomac.

Chardon-Marie. Les feuilles piquantes de cette plante rendent sa cueillette trop douloureuse pour le profane.

Échinacée. Fleurs et racines stimulent le système immunitaire pour aider l’organisme à combattre la maladie.

Ginkgo. Cette plante provient d’un arbre immense dont les feuilles doivent être traitées afin d’obtenir un extrait concentré capable d’exercer un effet médicinal bénéfique.

Ginseng. Il faut au moins cinq ans pour que les racines de cette plante, dotées de propriétés médicinales, parviennent à maturité. La culture et la transformation de cette plante sont trop compliquées pour pouvoir être entreprises chez soi.

Kawa-kawa. Cette plante est un tranquillisant léger et sans danger qui ne pousse que dans les forêts tropicales.

Onagre. Les graines de cette fleur contiennent une huile précieuse qu’il est trop difficile d’extraire chez soi.

Piment rouge. Plante des climats tropicaux, le piment rouge contient une substance complexe analgésique très puissante, la capsaïcine, que l’on retrouve souvent dans les produits normalisés.

Réglisse. Voici une plante utile pour soigner les ulcères, mais trop difficile à faire pousser. (Cette information provient de quelqu’un qui s’est efforcé à plusieurs reprises de faire pousser de la réglisse, sans aucun succès.)

Souci. Achetez-le sous forme de pommade pour soigner bleus, coupures et égratignures. Théier. Cette plante tropicale, difficile à cultiver sous nos climats, est un excellent antiseptique à large spectre.

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Plante en cuisine – Source : spm

L’achat de plantes en vrac

J’utilise fréquemment des plantes en vrac, et je les cueille par poignées dans mon « jardin botanique » de plus de deux hectares, là où je vis depuis plus de 25 ans. Non seulement je m’en sers pour préparer des infusions, mais j’en fais du jus et je les ajoute volontiers aux boissons ou aux aliments.

Nul besoin d’être bon jardinier pour obtenir des plantes en vrac, cependant.

Quantité de magasins diététiques et de boutiques spécialisées proposent des rangées de récipients contenant diverses plantes séchées en vrac, vendues à prix modique.

Cela comporte néanmoins un inconvénient : que vous achetiez vos plantes ou que vous les fassiez pousser vous – même, vous ne connaîtrez jamais avec certitude la quantité de principe actif contenue dans les produits en vrac.

C’est là leur principal désavantage par rapport aux extraits normalisés et aux médicaments pharmaceutiques.

L’aspect positif, à mes yeux, c’est qu’en utilisant les plantes en vrac, vous aurez l’occasion d’apprendre à mieux connaître chaque plante. Cela crée un lien spirituel de même type que celui qu’entretenaient ancêtres. Je suis convaincu que ce lien spirituel est également thérapeutique, comme j’en ai maintes fois fait l’expérience tout au long de ma vie.

Mais peut-il y avoir des risques ?

N’ayez crainte. La grande majorité des plantes médicinales dont il est question dans ces pages sont sans danger, même à doses élevées. Et s’il est judicieux d’être particulièrement prudent avec telle ou telle plante ou lorsqu’il s’agit de traiter telle ou telle maladie, j’en fais mention dans le chapitre en question. L’utilisation de plantes en vrac ne présente donc aucun problème particulier sur le plan de la sécurité.

Le seul inconvénient est qu’avec certains lots, vous n’obtiendrez pas forcément la quantité voulue de principe actif ou de substances complexes pour vous donner l’effet thérapeutique qui vous est nécessaire.

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Fruit – Source : spm

Le facteur de variabilité

Pourquoi le pouvoir thérapeutique des plantes en vrac n’est-il pas fiable ? En voici quelques raisons.

La génétique.

Diverses souches génétiques d’une même plante peuvent présenter des différences de pouvoir thérapeutique. Les niveaux de sanguinarine, par exemple, une substance complexe biologiquement active présente dans la plante antiseptique appelée sanguinaire, peuvent varier de un à dix en fonction des caractéristiques génétiques de différents plants. Quant au thym, il peut se produire au sein d’une seule et même espèce des variations de l’ordre de un à mille, voire dix mille.

Milieu de croissance.

Il affecte la santé globale et la vigueur d’une plante. Il est possible que des plantes qui poussent dans un sol aride et peu fertile, sous un climat rude, n’aient pas le même pouvoir thérapeutique que d’autres plantes de la même espèce qui ont poussé dans un sol riche et sous un climat idéal. (Par contre, il est étonnant de constater que les plantes qui se sont développées dans un environnement stressant contiennent souvent un taux plus élevé de substances médicinales complexes.)

Date et méthode de cueillette.

Représentez-vous la différence de goût et de texture entre une pêche encore verte et une pêche mûre. Il est vrai que les plantes ne mûrissent pas de la même manière que les fruits, mais leur concentration en principes actifs présente néanmoins d’énormes variations au cours de leur cycle de vie. Pour que le ginseng offre un pouvoir thérapeutique optimal, ses racines ne doivent être récoltées que lorsqu’elles ont au moins cinq ans d’âge, mais certains cultivateurs pressés de vendre leur récolte ne respectent pas cette règle. De telles racines récoltées trop précocement ne contiendront pas nécessairement les taux optimaux de principes actifs.

Séchage.

Les plantes fraîches sont les plus attirantes. Pensez par exemple à la différence entre la menthe fraîche et la menthe séchée. Toutes deux ont l’odeur et le goût typique de la menthe, mais la feuille fraîche est bien plus aromatique, ce qui signifie qu’elle contient davantage d’essence médicinale de menthe. Chaque fois respirez l’odeur d’une plante, elle perd une fraction minuscule de son essence que vous et de son pouvoir phytothérapique, car ce dernier est contenu dans les molécules odoriférantes dont une partie se dépose sur les bulbes, ou récepteurs olfactifs de votre nez. Lorsqu’elles ont quitté la plante, elles ne reviennent plus. Bien entendu, les plantes ne gardent pas leur fraîcheur très longtemps. C’est bien pourquoi les herboristes ont mis au point tout un système de recettes à base de plantes séchées, qui sont relativement faciles à conserver des mois durant. Cependant, plus longtemps les plantes séchées sont conservées, moins elles sont efficaces. À la longue, la lumière, l’oxygène et la chaleur provoquent des modifications chimiques qui entrainent une diminution de leur pouvoir thérapeutique et les rendent sèches et défraîchies. C’est la raison pour laquelle la majorité des herboristes recommandent de conserver les plantes séchées au frais, dans des récipients en verre opaque hermétiquement fermés. Un stockage judicieux permet de conserver les plantes séchées beaucoup plus longtemps.

Emballage.

De manière générale, le meilleur moyen d’être sûr de conserver tout le pouvoir thérapeutique d’un remède à base de plante est d’acheter la plante sous forme de teinture ou de macérât glycériné. Ces types de préparations conservent leur pouvoir thérapeutique pendant environ une année. On ne saurait en dire autant des plantes sous forme d’infusettes, de poudre ou de gélules, sauf lorsqu’elles sont protégées par l’addition d’antioxydants. Elles se détériorent beaucoup plus rapidement sous l’effet de la lumière, de l’oxygène et de la chaleur.

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Curcuma – Source : spm

Et pour épicer le tout…

En addition aux nombreuses plantes que l’on peut acheter en vrac ou sous leur forme normalisée, il existe toutes sortes d’épices qui jouent le rôle de médicaments. Sans doute en possédez-vous déjà un certain nombre dans votre cuisine. A l’exception du piment, de l’ail, du gingembre et du curcuma, on trouve difficilement ces plantes en extraits standardisés et toujours à l’exception de l’ail, la plupart sont des plantes tropicales qui ne poussent pas très bien sous nos climats. Il vous faudra donc probablement les acheter sous forme de poudre, ou bien en vrac.

Ail. Méritant son appellation de pénicilline russe, ce bulbe aromatique est notre allié pour prévenir les deux maladies qui font le plus de ravages : maladie cardiaque et cancer.

Cannelle. Aromate très courant, particulièrement savoureux et doté de pouvoirs antimicrobiens puissants ; capable d’apaiser les troubles gastriques.

Cardamome. Cette épice coûteuse peut avoir des effets légèrement stimulants.

Clous de girofle. Il est prouvé que les clous de girofle possèdent des propriétés analgésiques et antiseptiques.

Curcuma. Cette épice jaune est prometteuse pour soigner l’arthrite et le diabète. Gingembre. C’est non seulement le meilleur remède préventif au monde contre la nausée, mais aussi un remède utile pour soigner l’arthrite.

Piment rouge. Cet aromate originaire d’Amérique apaise la douleur grâce à trois mécanismes différents.

Quatre-épices. Cette plante tropicale dotée d’un arôme complexe est utile en cas d’indigestion.

Sésame. Les graines de cette plante sont une excellente source d’antioxydants et d’autres substances chimiques aux vertus thérapeutiques.

Récolter des plantes médicinales sauvages

Lorsque vous vous adonnez à la cueillette de plantes sauvages, il n’est bien entendu plus question d’extraits normalisés. Mais à mon humble avis, l’exercice physique et intellectuel que constitue cette cueillette sauvage, auquel il convient d’ajouter le lien spirituel avec la plante et le milieu forestier où elle s’est épanouie, constituent un pouvoir thérapeutique tel qu’il compense largement le manque de précision.

En tant que botaniste, je n’ai aucun mal à pratiquer la cueillette sauvage. Je connais mes plantes, et cela fait plus de soixante ans que je poursuis mes explorations en pleine nature. Il est évident que la cueillette de plantes médicinales sauvages comporte un élément de risque, et mieux vaut ne pas vous y essayer si vous n’êtes pas absolument sûr de pouvoir identifier sans possible les espèces que vous cherchez. (Je me souviens d’un couple âgé qui avait pris de la digitale pour de la consoude. La digitale sert à produire la drogue tonicardiaque appelée digitalis, et elle peut être mortelle.)

A quiconque ne connaît pas très bien l’art de pratiquer la botanique sur le terrain, je conseille de ne pas s’exposer aux dangers possibles d’une cueillette de plantes sauvages. En revanche, si vous savez ce que vous faites, vous pourrez récolter dans presque n’importe quelle région quantité de plantes médicinales très utiles, dès que vous aurez passé la porte de votre maison.

Même si vous n’y connaissez rien au début, vous passerez de très agréables moments en apprenant à mieux connaître les plantes. Il existe maintenant des stages de formation pour apprendre à identifier les plantes comestibles et médicinales. Moi qui suis depuis très longtemps un mordu en ce domaine, je puis vous assurer que la marche à pied est beaucoup plus amusante quand on peut goûter certaines herbes qui poussent le long du chemin.

 

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Basilic– Source : spm

Votre jardin médicinal intérieur

Tout comme la cueillette sauvage, la culture de vos propres plantes vous permet d’obtenir en vrac des produits à base de plantes non normalisés. Elle vous permet en outre de développer avec vos remèdes verts un lien spirituel plus profond encore que la cueillette sauvage, c’est pourquoi j’y suis particulièrement favorable.

Peu importe ce que vous faites pousser ; le jardinage est non seulement une occupation thérapeutique, mais il vous confère un grand pouvoir intérieur. D’après tout ce que nous savons sur la médecine du corps-esprit, je ne doute pas un instant que les traitements phytothérapiques que vous aurez vous-même fait pousser se révéleront plus efficaces que tout remède du commerce ou même récolté sous forme sauvage.

J’aime mon propre « jardin botanique », mais vous n’avez pas besoin de posséder un domaine, ni même un lopin de terre, pour faire pousser des plantes médicinales. Il vous suffit de disposer du rebord de votre fenêtre de cuisine où vous pourrez faire pousser un aloès en pot – votre remède d’urgence instantané à base de plante en cas de brûlure accidentelle. (Vous n’aurez qu’à en couper une des feuilles charnues, à l’inciser pour l’ouvrir et à appliquer le gel vert-jaune qu’elle contient sur la brûlure.)

Il existe quantité d’autres plantes que vous pouvez faire pousser sur un rebord de fenêtre ou sous un porche. Si vous habitez en ville, explorez diverses possibilités : les terrasses sur le toit, les cours intérieurs, les balcons, les escaliers de secours. Un certain nombre d’espèces médicinales comestibles, originaires de climats semi-désertiques, sont capables de se plaire sur un rebord de fenêtre bien exposé. En voici quelques-unes :

Aneth. Cette plante aromatique est utile pour traiter les ennuis gastriques et l’indigestion.

Basilic. Cette plante à fonction insectide est recommandée pour traiter la mauvaise haleine et les maux de dos.

Ciboulette. Comme ses cousins l’ail le poireau et l’oignon, la ciboulette contribue à prévenir le cancer et soigne l’hypertension artérielle.

Fenouil. Cette plante est efficace pour traiter les ennuis gastriques et l’indigestion.

Hysope. Mentionnée dans la Bible, l’hysope contient diverses substances complexes dotées de propriétés antivirales ; elle est utile pour traiter l’herpès. (Elle fait également l’objet de recherches pour le traitement du sida.)

Lavande. Certaines variétés de cette plante ravissante sont saturées de substances complexes sédatives capables de pénétrer l’épiderme. Jetez-en une poignée dans l’eau de votre bain pour un moment de détente aromatique bien agréable.

Menthe poivrée. Source majeure de menthol aux propriétés rafraîchissantes, apaisantes et stomachiques.

Persil. Surtout connu comme une excellente source de chlorophylle capable de combattre la mauvaise haleine, le persil contient beaucoup de zinc, bénéfique à la santé du système de reproduction chez l’homme. (Pourtant, plus de 90 % du persil servi dans les restaurants finissent à la pou- belle.)

Romarin. Riche en éléments antioxydants, cette savoureuse plante aromatique culinaire pourrait contribuer à prévenir la maladie d’Alzheimer.

Sarriette. En Europe, on ajoute volontiers cette plante aromatique aux plats de légumineuses afin de prévenir les gaz.

Sauge. La sauge possède à peu près les mêmes pouvoirs médicinaux que le romarin.

Thym. L’une des meilleures sources de thymol, une substance complexe antiseptique et stomachique qui contribue à prévenir les caillots sanguins responsables de crises cardiaques.

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Citronnelle – Source : spm

Cultiver votre propre jardin aromatique

Dans mon jardin, je recense 200 espèces de plantes aromatiques dont la plupart ont des propriétés médicinales. Tout au long des mois où se produit leur croissance, l’un de mes plus grands plaisirs est d’aller voir chacune de mes plantes.

Presque toutes les heures, quand je passe la journée devant l’écran de mon ordinateur, je fais une pause pour aller visiter mon jardin aromatique. Lorsque je fais une cueillette de telle ou telle plante, il m’arrive souvent de choisir diverses espèces de menthe pour préparer l’un de mes cocktails aromatiques ; il s’agit généralement de tisane de menthe chaude les matins d’hiver, ou de thé glacé à la menthe en été.

Parmi toutes mes activités, la culture et l’amour de ces plantes est l’une des plus saines, et je ne saurais trop vous la recommander.

Il faudrait tout un livre pour vous dire de quelle manière vous y prendre pour faire pousser toutes les espèces que je vous présente dans le Pouvoir des plantes, mais si vous avez un jardin, voici les plantes médicinales vivaces que je vous recommande. Elles sont florissantes dans mon propre jardin, et je ne doute pas qu’elles réussissent de même dans le vôtre, pour peu que vous viviez sous un climat tempéré.

Brunelle (ou prunelle). La réputation de panacée de cette sorte de menthe n’est que légèrement exagérée.

Citronnelle. Aussi appelée mélisse, cette espèce de menthe, qui ressemble un peu à une mauvaise herbe, possède des propriétés antivirales et sédatives. Même lorsqu’elle donne l’impression d’avoir complètement desséché, elle revient toujours.

Gattilier (Agnus-castus). Cet arbuste à fleurs vivace est très efficace pour traiter certains problèmes féminins.

Hydrastis. Cette plante médicinale aux propriétés antibiotiques s’épanouira mieux à l’ombre.

Igname sauvage. De nombreux herboristes recommandent cette plante pour la santé génitale des femmes.

Menthe verte. À peu près aussi efficace que la menthe poivrée pour apaiser les ennuis gastriques.

Millepertuis. Tout simplement le meilleur traitement phytothérapique de la dépression.

Origan. Encore une espèce de menthe qui ressemble à une mauvaise herbe – excellente source d’antioxydants.

Pycnanthème. Plante insecticide qui mériterait d’être plus appréciée des jardiniers.

Saule. Facile à peler, l’écorce du saule contient l’équivalent phytothérapique de l’aspirine. Tanaisie. Cette plante médicinale contient quelques-unes des mêmes substances complexes efficaces contre la migraine que la matricaire.

Valériane. Les racines contiennent une excellente substance sédative capable de soulager l’anxiété. Sachez cependant qu’en tisane, la valériane a la même odeur que de vieilles chaussettes sales et pleines de transpiration

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Menthe – Source : spm

Cueillette et stockage des plantes médicinales

Admettons que vous ayez à présent une grande quantité de menthe poivrée, ou de toute autre plante, en train de pousser dans votre jardin ou sur le bord de la fenêtre. Et maintenant ?

Tout d’abord, vous devrez récolter vos plantes. Vous pouvez très bien cueillir quelques feuilles à la fois pour vous en servir au fur et à mesure. Les plus romantiques d’entre nous remercient les plantes de bien vouloir nous être utiles et leur demandent pardon de les mutiler.

Au Panama ou au Pérou, j’ai écouté des chamans indiens qui chantaient aux plantes de longues incantations, le plus souvent après s’être tournés vers l’Orient, avant de les cueillir. Pour autant que je ne sois pas trop pressé, je prends le temps de me souvenir que les plantes, elles aussi, ont une vie, et que leur vie nourrit la nôtre.

D’ailleurs, plus nous récoltons les feuilles de nos plantes médicinales, plus leurs propriétés médicinales se concentrent. Cela s’explique sur le plan botanique car les éléments constitutifs médicinaux d’une plante font essentiellement partie du système d’autoprotection de la plante. Le fait de récolter les feuilles oblige la plante à réagir comme si elle venait d’être attaquée (ce qui est d’ailleurs le cas), si bien qu’elle produit davantage de ce qui la protège. Plusieurs recherches ont montré que les diverses attaques subies par la plante (les infections, le fait d’être infestée d’insectes et la cueillette de feuilles, par exemple), augmentent les taux de certaines de ces substances chimiques que nous considérons comme médicinales.

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Plante aromatique – Source : spm

L’heure de la cueillette

Certains herboristes recommandent de cueillir les plantes tôt le matin tandis qu’elles sont encore humides de rosée, mais je ne suis pas d’accord. Cela provoque une dilution, c’est-à- dire que les plantes contiennent proportionnellement davantage d’eau et moins de substances phytochimiques jusqu’à mon avis, c’est en cueillant les plantes ce qu’elles soient sèches. À mon avis, c’est en cueillant les plantes par une journée chaude et sèche (mais avant que les feuilles ne se soient desséchées) que vous obtiendrez la plus haute concentration de substances phytochimiques et le moins d’eau.

Quant aux racines, mieux vaut les recueillir au printemps ou à l’automne. Les écorces peuvent être récoltées au printemps, surtout si les substances complexes que vous recherchez se trouvent dans l’écorce vivante. Si vous recueillez des graines pour les manger, je vous recommande de les récolter avant qu’elles n’aient durci et desséché. Par contre, si vous avez l’intention de les garder pour les planter l’année suivante plutôt que de les utiliser immédiatement, il peut être préférable d’attendre qu’elles soient bien sèches.

Utilisez les plantes aromatiques fraîches en abondance, surtout en cuisine. Les herbes et épices culinaires fraîches ont presque toujours un goût bien supérieur. Vous pouvez également les congeler, les sécher ou vous en servir pour préparer des teintures. (Lorsque je récolte des plantes culinaires fraîches, je me sers généralement d’un sac plastique pour mieux conserver leur humidité.)

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Herbe – Source : spm

Conservation

Si vous avez l’intention de conserver vos plantes pour vous en servir ultérieurement, il revient moins cher de les sécher. Rassemblez-les dans un sac en papier plutôt que dans un sac en plastique, et précisez sur le sac le nom de la plante et la date de cueillette.

À condition de ne pas trop le remplir beaucoup de plantes peuvent être séchées dans le sac même. Juste avant l’hiver et l’arrivée du gel qui détruira mon jardin avec un assortiment de sacs en papier, afin de récolter des plantes pour mes remèdes, tisanes et tout, je fais toujours un petit tour dans autres soupes de l’hiver.

Vérifiez l’état de vos herbes dans les sacs de papier au bout d’une semaine environ. Si elles ne semblent pas sécher correctement, si elles tombent en miettes ou prennent un aspect parcheminé, étalez-les sur des journaux, des planches ou un grillage dans un endroit sec et ombragé, afin qu’elles puissent sécher à l’abri des moisissures. Votre succès dépend ici dans une grande mesure des conditions météorologiques. Par temps très sec, les plantes risquent de sécher trop vite, surtout en plein soleil. Par temps humide et surtout s’il y a du brouillard, à utiliser la chaleur en faisant sécher les plantes au four afin d’en éliminer l’humidité.

Une fois sèches, les plantes peuvent être conservées dans des sacs en papier ou en plastique. Vous pouvez également vous servir de récipients en verre munis d’un couvercle. La lumière, la chaleur et l’oxygène sont les ennemis du pouvoir thérapeutique des plantes ; entreposez par conséquent vos plantes dans un endroit frais et sombre, une cave ou un placard éloigné de toute source de chaleur par exemple. Afin de minimiser l’oxygène qui entoure les espèces ainsi conservées, remplissez les récipients au maximum et trans- posez les plantes dans des bocaux plus petits à mesure que vous en faites usage.



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