Nio, un champion chinois des véhicules électriques sauvé par le soutien public

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William Li, le PDG de Nio, présente le modèle ET7, à Chengdu, le 9 janvier.

Avec ses véhicules électriques au style futuriste, Nio convainc de plus en plus de conducteurs chinois (43 728 modèles vendus en 2020) et encore plus d’investisseurs : sur le premier marché automobile mondial, beaucoup prédisent à la start-up locale un destin à la Tesla. De fait, Nio fut l’investissement de l’année : le titre de la marque chinoise a explosé, + 1 500 % en 2020, au point qu’elle a fini avec une valeur boursière de près de 100 milliards de dollars (82,2 milliards d’euros) à Wall Street, dépassant Daimler, BMW ou General Motors pour s’installer dans le top 5 mondial. Devant Nio, ne restent que Tesla, Toyota, Volkswagen et… BYD, un autre chinois spécialiste de l’électrique depuis 1995, installé à Shenzhen. Le secret de Nio ? Tout miser sur l’électrique, un positionnement audacieux sur le haut de gamme, et une bonne dose de soutien étatique.

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Il y a un an, Nio était pourtant au bord de la faillite. Pas facile de créer de toutes pièces un constructeur automobile. Entre 2017 et 2019, l’entreprise, qui se présentait comme un futur « Tesla killer », n’a vendu que 32 000 véhicules, et a perdu 3,67 milliards de dollars. Son essor était contrarié par le marché : en 2019, les ventes de véhicules électriques ont reculé de 4 % en Chine.

Et la concurrence est rude : difficile pour Nio de se démarquer, alors que la Chine comptait 635 constructeurs de véhicules électriques en 2019. Certes, la plupart, attirés par de généreuses subventions, n’ont jamais produit une seule voiture, mais une telle abondance promettait une consolidation douloureuse pour le marché chinois, à mesure que le gouvernement baissait progressivement ses subventions. Et Nio aurait pu être une faillite retentissante. Un an après son introduction à Wall Street, en octobre 2018, l’action Nio avait fondu de 86 %.

Des services « inégalés »

C’était compter sans le soutien du gouvernement local de Hefei, la ville d’origine du fondateur, William Li, où sont installées les lignes de production de l’entreprise. Au bord de la faillite, Nio obtient en avril 2020 l’équivalent de 7 milliards de yuans (890 millions d’euros) par la capitale de l’Anhui, une province pauvre à l’ouest de Shanghai, et d’autres investisseurs étatiques, à condition qu’elle installe son quartier général dans la ville. Depuis, les choses sont allées vite : des mesures restreignant encore l’achat de véhicules thermiques dans les grandes agglomérations ont joué en faveur de Nio et d’autres constructeurs de l’électrique.

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