Meng Hongwei, l’énigme chinoise d’Interpol

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Publié le 05 mars 2020 à 00h35

Ce 10 novembre 2016, au Bali International Convention Centre, en Indonésie, Meng Hongwei est tout sourire. Le vice-ministre chinois de la sécurité publique vante le désir de son pays de « contribuer, par ses efforts, à la paix et à la sécurité dans le monde ».

Avec ce sexagénaire aux cheveux plaqués en arrière et teints en noir, comme il est d’usage chez les cadres chinois pour masquer le vieillissement, la Chine entend présider pour la première fois une grande institution internationale : l’organisation de coopération policière Interpol. Les 830 délégués, venus de 164 pays, doivent élire un nouveau président. En amont du vote, Pékin a fait jouer son réseau pour assurer le triomphe de son poulain. Résultat : 123 voix en sa faveur, contre 28 pour son challenger namibien. La France, elle aussi, a voté Meng. Les défenseurs des droits de l’homme ont beau s’étrangler, l’affaire ne fait pas grand bruit, l’actualité étant dominée par l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche.

Voici donc Meng Hongwei en pleine lumière, lui qui n’avait jusqu’alors gravité que dans les opaques sphères sécuritaires chinoises. Né à Harbin, cité glaciale de l’ex-Mandchourie, de parents enseignants, il étudie le droit à l’université de Pékin, la plus prestigieuse du pays, lorsque rouvrent les universités à la fin de la Révolution culturelle.

Aussitôt diplômé, il est recruté à la commission des affaires politiques et légales du Parti communiste (PCC), chargée des questions de sécurité. Au milieu des années 1980, il devient l’assistant du chef de cet organe, Qiao Shi.

Le  10 novembre 2016, Meng Hongwei, alors vice-ministre chinois de la sécurité publique, à la tribune du Bali International Convention Centre, en Indonésie.
Le  10 novembre 2016, Meng Hongwei, alors vice-ministre chinois de la sécurité publique, à la tribune du Bali International Convention Centre, en Indonésie. Du Yu / AP

Dans les décennies suivantes, son ascension se poursuit. D’abord responsable de la gestion du trafic routier, il dirige ensuite l’antiterrorisme, durant quatre ans, avant d’être nommé, en 2004, au bureau de coordination de la Chine avec Interpol. A l’époque, il supervise les policiers chargés de la protection des personnels en poste en Libye et en Syrie. A chaque départ, il leur répète de « toujours placer la politique en premier, le parti en premier, et la pensée idéologique en premier ». Puis sa carrière le conduit, en 2013, à la tête des gardes-côtes nationaux, une fonction-clé dans les contentieux avec les pays voisins.

Demande « maladroite »

Devenu président, en mars 2013, Xi Jinping place ses protégés au sein de l’appareil sécuritaire, verrou du pouvoir. Dans ce système sans élections, on est promu, on part à la retraite ou l’on est arrêté pour « corruption ».

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