malgré les doutes, Viktor Orban veut continuer à utiliser le vaccin chinois

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Livraison de doses du vaccin chinois Sinopharm dans une base logistique installée dans un édifice gouvernemental à Budapest, le 29 mars.

« Il n’y a aucune raison de changer [de politique], tous nos vaccins répondent à l’exigence de l’OMS [l’Organisation mondiale de la santé] d’une efficacité supérieure à 50 %. » C’est ainsi que Cecilia Müller, la médécin-chef de Hongrie, a évacué, lundi 12 avril, le spectaculaire aveu formulé deux jours plus tôt, à Chengdu, par Gao Fu, le directeur du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies, au sujet des vaccins chinois qui « n’ont pas un taux de protection très élevé ».

La patrie de Viktor Orban est le seul pays de l’Union européenne (UE) qui ait décidé d’importer des vaccins chinois, en l’occurrence du Sinopharm, sans attendre l’avis de l’autorité européenne du médicament (AME) ni même la publication d’une étude de phase 3.

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Malgré cette déclaration, « le protocole d’administration ne changera pas tant que le fabricant n’émet pas de recommandation à cet effet », a précisé la docteure hongroise, lors de sa conférence de presse quotidienne.

La Hongrie a déjà inoculé près d’un million de doses de Sinopharm et affiche, grâce à lui, un taux de vaccination dépassant désormais 30 %. Mais le pays de presque dix millions d’habitants déplore parallèlement la situation épidémique la plus grave en Europe, avec une moyenne de 250 morts par jour. Il affiche même la pire mortalité du monde après la République tchèque, soit près de 2 400 morts par million d’habitants depuis le début de l’épidémie (la France est à 1 460), et rien ne semble indiquer qu’un reflux se prépare, malgré les messages du gouvernement nationaliste qui se vante partout d’avoir le « deuxième meilleur taux de vaccination en Europe ».

Un vaccin vanté par Viktor Orban

L’aveu chinois n’a pas étonné les spécialistes. « Le Sinopharm est un vaccin à virus désactivé, ce n’est pas très surprenant qu’il ne soit pas aussi efficace que des vaccins à ARN messager », avance Erno Duda, professeur à l’université de médecine de Szeged, en Hongrie. Autorisé selon une procédure opaque fin février, le vaccin chinois a pourtant été vanté sur tous les tons par M. Orban.

Le premier ministre s’est lui-même fait inoculer une dose de Sinopharm le 28 février et a encore vanté, le 31 mars, son « approche pragmatique » au sujet de ce qu’il appelle « les vaccins orientaux » – à savoir le Sinopharm et le russe Spoutnik V, lui aussi autorisé en Hongrie sans l’aval de Bruxelles. En parallèle, il ne cesse de fustiger « l’échec » des institutions européennes, les « retards des vaccins occidentaux » (Moderna, AstraZeneca, Pfizer) et « l’approche idéologique » des pays de l’UE qui refusent de suivre sa voie. « Nous avons sauvé la vie de milliers de personnes en Hongrie, parce que nous n’avons pas que des vaccins occidentaux, mais aussi des orientaux », a-t-il ainsi assuré.

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