L’oléoduc Keystone XL, premier point de friction entre les Etats-Unis et le Canada

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Un tuyau sur le site sud du pipeline Keystone XL, le 22 mars 2012, à Cushing, dans l’Oklahoma (Etats-Unis).

En signant, dès son installation à la Maison Blanche, un décret actant le retour des Etats-Unis dans l’accord de Paris sur le climat (2015), Joe Biden a du même coup mis fin au permis de Keystone XL. Ce projet transfrontalier d’oléoduc de plus de 2 000 kilomètres, prévu pour acheminer le pétrole de l’Alberta (dans l’ouest du Canada) vers les raffineries américaines du golfe du Mexique, avait été catégoriquement refusé par Barack Obama en 2015 – Joe Biden était alors vice-président – avant d’être finalement approuvé en 2017 par Donald Trump.

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Sa révocation n’est pas une surprise – le candidat démocrate s’y était engagé pendant sa campagne en insistant sur le « caractère très polluant du pétrole extrait des sables bitumineux », le pétrole produit en Alberta. Elle apparaît néanmoins comme le premier point de friction des relations entre les Etats-Unis et le Canada. La veille encore, le premier ministre canadien, Justin Trudeau, réitérait publiquement son soutien à ce projet de l’entreprise TC Energy, rappelant que ce dossier était déjà au menu de sa première conversation, le 9 novembre 2020, avec le nouveau président élu.

Mais ni son appui ni les arguments invoqués jusqu’au dernier jour par son ministre des ressources naturelles, Seamus O’Regan – « le pétrole canadien est produit dans un cadre de politiques environnementales et climatiques rigoureuses », ou « ce projet permettra de créer des milliers de bons emplois pour les travailleurs des deux côtés de la frontière », écrivait-il encore le 18 janvier – n’auront fait changer d’avis Joe Biden. Convaincue de l’inéluctabilité de la décision américaine, TC Energy a devancé de quelques heures le décret présidentiel, annonçant dès mercredi 20 janvier au matin mettre fin à la construction de l’oléoduc, pourtant entamée au printemps 2020 côté canadien.

Relations tumultueuses

Cet arrêt est un nouveau coup dur pour la province pétrolifère de l’Alberta, qui assure à elle seule 80 % de la production énergétique du Canada. Keystone XL, un projet évalué à 8 milliards de dollars (6,6 milliards d’euros), c’était la promesse d’acheminer 800 000 barils de pétrole lourd supplémentaires par jour vers les raffineries du Texas : une aubaine pour les producteurs albertains confrontés à la baisse des cours de l’or noir, soucieux de diversifier leurs débouchés.

Justin Trudeau, soulagé de pouvoir entamer un dialogue plus serein avec son voisin, ne semble pas vouloir se lancer dans un bras de fer

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