L’Italie face aux périls d’un déclin démographique persistant

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A Rome, le 15 avril.

LETTRE DE ROME

Sept cent mille morts. C’est un chiffre rond, qui frappe les esprits plus encore que les bilans de la protection civile italienne, qui, depuis février 2020 égrènent chaque jour à la même heure le terrible bilan de l’épidémie de Covid-19 en Italie. Selon l’Institut italien de la statistique (Istat), le nombre de décès enregistrés dans la Péninsule durant l’année 2020 dépassera cette barre, pour la première fois depuis 1944. Autrement dit, jamais, en temps de paix, l’Italie contemporaine n’aura connu une telle hécatombe.

Cette donnée, qui demande à être confirmée par des chiffres définitifs (ceux-ci n’ont pas encore été centralisés), dit de façon très éloquente l’ampleur de la surmortalité causée par le coronavirus ; durant la période 2015-2019, le nombre moyen des décès enregistrés en Italie s’établissait à 645 000. Pour cette raison, il a été abondamment commenté, début janvier, par l’ensemble des médias italiens.

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Sans doute un autre chiffre rond de l’année aurait-il, au moins, mérité la même attention. Il s’agit cette fois d’une barre qui risque de ne pas avoir été franchie en 2020, celle des 400 000 naissances

Bien sûr, l’actuelle pandémie n’est pour rien dans cette décrue débutée il y a plusieurs décennies, et que rien ne semble pourtant enrayer. Mais les conséquences sociales de la crise risquent de l’aggraver encore.

Le phénomène s’est installé dans le temps

Pourtant alors que l’actuelle majorité se déchire au Parlement, l’ancien premier ministre Matteo Renzi (ex-Parti démocrate, désormais à la tête du petit parti centriste Italia Viva) n’ayant pas de mots assez durs pour fustiger la gestion court-termiste des 209 milliards d’euros du « Recovery Fund » par l’actuel gouvernement, nul n’a jugé bon de reprendre à son compte la désillusion exprimée par le président du Forum des associations familiales, Giovanni de Palo : « Ce plan s’appelle “next generation”, donc nous nous attendions à quelque chose de plus pour les générations futures… »

Bien sûr, le déclin démographique et le vieillissement de la population sont deux phénomènes qui touchent l’ensemble du continent européen. Mais le phénomène est particulièrement marqué en Italie : à titre de comparaison, le pays, peuplé d’un peu moins de 60 millions d’habitants en 2020 n’enregistrera que 400 000 naissances quand la France, à peine plus peuplée (67 millions d’habitants), devrait en compter plus de 700 000.

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