L’idée d’un enseignement européen de la religion musulmane ne séduit pas

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Les récents attentats en France et en Autriche ont renforcé, au niveau européen aussi, la préoccupation pour la menace terroriste et ramené à l’avant-plan la question de la formation des imams.

Le président du Conseil européen, Charles Michel avait évoqué, le 9 novembre, après l’attaque de Vienne, l’idée d’un institut européen qui serait chargé de cette formation. Dans le but, selon l’ex-premier ministre belge, de « s’assurer que le message de tolérance, d’ouverture, puisse être véhiculé sur le plan européen (…), de s’assurer que la primauté de la loi civile est acceptée ».

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Prudent, mais sans doute trop peu détaillé, le propos a été accueilli avec un manque d’enthousiasme évident : le thème de l’islam – même clairement distingué de l’islamisme – semble tabou dans les institutions. « Le système n’aime pas le sujet », confirme un expert, se rappelant qu’un ex-commissaire européen, le Britannique Julian King, pourtant en charge de la sécurité, refusait la simple évocation du mot « islam ».

Une partie de la presse, anglo-saxonne et influente à Bruxelles, ne semble, elle non plus, ne pas raffoler de l’idée d’un enseignement européen de la religion musulmane : le site Politico et le Financial Times l’ont descendue en flammes, critiquant son inspirateur présumé – le coordinateur de l’UE pour la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove –, ainsi que la conception française de la laïcité.

Echec des expériences néerlandaises

De quoi s’agit-il, dans l’esprit de M. Michel ? « Il faut créer les conditions pour davantage de diversité en vue d’une interprétation de l’islam en Europe, faire en sorte que cette religion s’interroge sur elle-même et sur les valeurs européennes », indique l’un des défenseurs du projet. Une formulation qui n’évoque pas un autre objectif : soustraire les imams à l’influence de puissances étrangères : turque, saoudienne, marocaine ou qatarie, selon les pays membres.

Les Pays-Bas ont été les premiers à tenter d’organiser et de financer la formation d’imams qui auraient été chargés d’enseigner un Coran « moderne ». Trois projets successifs, lancés au cours des douze dernières années, ont toutefois échoué, et le pays s’inquiète aujourd’hui de la présence sur son territoire d’une centaine de jeunes prédicateurs salafistes. Le service national de lutte contre le terrorisme mettait en garde, en octobre, contre « des chiens de garde de la communauté musulmane » qui ont notamment évoqué, au moment de la republication des caricatures de Charlie Hebdo, des « menaces » contre l’identité musulmane. Ils menacent aussi régulièrement des responsables politiques d’origine maghrébine qui tentent de limiter leur influence.

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