L’Europe donne un tour de vis face à la deuxième vague de Covid-19 pour « sauver Noël »

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Des policiers patrouillent, lors du premier jour du couvre-feu nocturne instauré dans le cadre de l’état d’urgence afin de contrôler l’épidémie de Covid-19, à Barcelone, en Espagne, le 26 octobre 2020.

L’épidémie de Covid-19 continue de s’étendre à travers le monde, notamment en Europe, où de nombreux pays ont imposé des couvre-feux ou réfléchissent à des confinements pour faire face à la deuxième vague. Le virus a fait au moins 1,15 million de morts dans le monde depuis la fin de décembre, selon un comptage de l’Agence France-Presse publié lundi 26 octobre.

Près de 43,1 millions de cas ont été diagnostiqués, sachant que le nombre de cas confirmés dépend fortement de la politique de dépistage de chaque pays. Les Etats-Unis sont le pays le plus endeuillé, comptant plus de 220 000 morts, suivis par le Brésil (160 000), l’Inde (120 000), le Mexique (89 000) et le Royaume-Uni (45 000).

  • En Norvège, un tour de vis aujourd’hui pour éviter le couvre-feu demain

Plutôt épargnée par le Covid-19, la Norvège a présenté lundi une batterie de mesures pour se prémunir contre le scénario observé ailleurs en Europe, où des autorités dépassées doivent envisager des réponses plus drastiques. « Vous pouvez opérer de petits tours de vis maintenant (…) ou adopter des mesures vigoureuses ultérieurement », a déclaré la première ministre, Erna Solberg. « Nous avons choisi la stratégie de la prudence avec de petites restrictions maintenant. »

Conséquence de son éloignement géographique, d’une faible densité de sa population et d’un respect scrupuleux des précautions sanitaires, le pays nordique de 5,7 millions d’âmes a jusqu’à présent évité le pire. Seuls près de 18 000 cas d’infection au nouveau coronavirus, dont 279 mortels, y avaient été officiellement recensés lundi.

La municipalité d’Oslo, qui concentre une grande partie des cas nationaux, a ouvert le bal lundi en dévoilant un arsenal d’interdictions et de recommandations. Déjà obligatoire dans les transports en commun, où la distanciation physique n’est pas possible, le port du masque va aussi être imposé dans tous les espaces publics où il est difficile de respecter le mètre de distance.

Entre autres mesures censées entrer en vigueur jeudi, la capitale norvégienne recommande aussi de ne pas avoir de contacts sociaux avec plus de dix personnes par semaine, et les bars, déjà contraints d’arrêter de servir à minuit, ne pourront plus accepter de nouveaux convives après 22 heures.

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  • De plus en plus de restrictions à travers l’Europe

Un membre du personnel se tient derrière les barreaux d’un restaurant fermé, à Rome, lundi 26 octobre 2020.

La colère montait par ailleurs lundi en Italie, en raison des nouvelles mesures introduites face à la progression de l’épidémie de Covid-19 pour « sauver Noël ». La décision du premier ministre italien, Giuseppe Conte, de fermer les restaurants et les bars à partir de 18 heures et tous les théâtres, cinémas et salles de sport pendant un mois a été qualifiée d’« aveu d’échec » par ses détracteurs et a poussé les scientifiques à se demander si cela suffirait à endiguer la propagation du virus.

L’Espagne a imposé un nouvel état d’urgence ainsi que des couvre-feux nocturnes. La Catalogne (dans le Nord-Est) réfléchit même à un confinement de la population à domicile le week-end et la région voisine d’Aragon a décidé de boucler son territoire.

En Allemagne, le marché de Noël mondialement connu de Nuremberg, qui attire quelque deux millions de visiteurs, a été annulé cette année.

Le gouvernement slovène a pour sa part annoncé le durcissement à partir de mardi du confinement partiel en vigueur et renforcé les contrôles aux frontières.

Et en Belgique, où le nombre de contaminations a triplé en cinq semaines, passant à plus de 320 000 cas, les vacances scolaires de la Toussaint ont été prolongées et les écoles contraintes de s’adapter à la forte progression du virus pour ne pas risquer d’aggraver une situation déjà « dramatique » dans les structures de soins.

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  • Le pape privé de fidèles pour les cérémonies de Noël

Après Pâques, célébrées pendant le confinement dans une basilique Saint-Pierre quasi déserte, le pape François officiera de nouveau sans fidèles pour les messes de l’Avent et de Noël, a fait savoir lundi l’agence spécialisée Catholic News Agency (CNA).

Dans un courrier adressé aux représentations étrangères auprès du Saint-Siège, le secrétariat d’Etat – ministère des affaires étrangères – du Vatican rapporte que les cérémonies de Noël se dérouleront « sous une forme privée ». Elles se tiendront « sans la présence de membres du corps diplomatique » habituellement conviés, et seront diffusées en ligne, souligne le document consulté par CNA.

  • Conséquences sur la vie politique

Les restrictions pèsent aussi sur la vie politique : en Allemagne, le parti conservateur d’Angela Merkel a annoncé le report de son congrès de début décembre devant élire un nouveau président et potentiel candidat à la chancellerie en 2021, faute de pouvoir réunir ses délégués en raison de l’aggravation de la pandémie.

L’Union européenne a décidé pour sa part de réduire les réunions physiques de responsables et d’experts, au profit des visioconférences, en raison de l’augmentation du nombre des contaminations à Bruxelles.

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  • Inquiétudes de l’OMS concernant l’Europe

Le responsable des situations d’urgence de l’OMS, Michael Ryan, a souligné la gravité de la situation en Europe, qui pour l’OMS va de l’Islande à l’Extrême-Orient russe, en deux statistiques. « Cette dernière semaine, 46 % de la totalité des cas (de Covid-19) dans le monde venaient de la région Europe », a-t-il dit.

« C’est presque un tiers de la totalité des morts dans le monde. Il n’y a donc aucun doute que la région Europe est un épicentre de la maladie en ce moment. »

La responsable de la gestion de la pandémie à l’OMS, Maria Van Kerkhove, a reconnu s’inquiéter de la hausse du nombre d’hospitalisations et d’admissions dans les services de réanimations et des projections qui montrent qu’ils arriveront à saturation « dans les jours, les semaines qui viennent ».

  • Trump accusé d’agiter « le drapeau blanc de la défaite »

De leur côté, les Etats-Unis ont connu un nombre record de nouveaux cas de Covid-19 ce week-end, le candidat démocrate à la présidence, Joe Biden, accusant le gouvernement du président Donald Trump d’agiter « le drapeau blanc de la défaite » après avoir admis qu’il « n’allait pas contrôler la pandémie ».

« Nous ne devons pas baisser les bras », a prévenu en retour Tedros Adhanom Ghebreyesus, le patron de l’OMS, prenant clairement le contre-pied des déclarations du chef de cabinet du président américain Donald Trump la veille. « C’est pour cela que nous disons que si nous sommes d’accord avec le chef de cabinet que protéger les plus vulnérables est important, renoncer à prendre le contrôle (de la pandémie) est dangereux ».

Imposé depuis trois mois, le confinement va être levé à Melbourne. L’obligation faite aux quelque 5 millions d’habitants de la deuxième ville d’Australie de rester à leur domicile sera levée dans la nuit de mardi à mercredi, et les restaurants, salons de beauté et commerces pourront de nouveau accueillir des clients.

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Le Monde avec AFP



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