Les médecins immigrés, un contingent vital pour les systèmes de santé des pays riches

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Publié aujourd’hui à 12h42

Le docteur Jean-Jacques Razafindranazy est mort le 21 mars. Retraité, il continuait à travailler comme contractuel aux urgences du centre hospitalier de Compiègne, dans l’Oise, qui s’est révélé être l’un des premiers foyers de l’épidémie de coronavirus en France. Diplômé de médecine à Madagascar, il était venu en France au début des années 1980 pour suivre une spécialité en chirurgie générale et digestive, avant de s’y établir avec son épouse, pédiatre. Il est le premier médecin hospitalier victime du Covid-19 dans le pays. M. Razafindranazy était franco-malgache.

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Au Royaume-Uni, lorsque le premier ministre Boris Johnson a quitté l’hôpital londonien St. Thomas, le 12 avril, où il venait de passer une semaine en soins intensifs à cause du nouveau coronavirus, il a remercié les soignants, notamment les deux infirmiers qui avaient veillé sur lui « quand tout aurait pu basculer » : « Jenny de Nouvelle-Zélande et Luis du Portugal ».

C’est un phénomène d’ampleur, ancré dans le temps, et pourtant il semble qu’on le redécouvre à chaque crise sanitaire : les systèmes de soins des pays riches reposent de façon considérable sur des professionnels de santé étrangers. Plus du quart des médecins en activité dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ne sont pas natifs du pays dans lequel ils exercent. Même constat, ou presque, concernant les infirmiers : dans les pays à haut niveau de revenus, 15,2 % d’entre eux sont nés ou ont été formés à l’étranger, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

« Course aux talents »

« Dans la mondialisation actuelle, il y a une forme de course aux talents, explique Yasser Moullan, chercheur associé à l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes). Les médecins font de plus en plus l’objet de politiques migratoires, reflétant le besoin criant qu’en ont les pays d’accueil. »

« Les migrations de professionnels de santé continuent de s’accentuer. » Mathieu Boniol, statisticien à l’OMS

Ces soignants constituent un contingent vital pour les pays riches, dans un contexte de pénurie chronique à l’échelle mondiale. La moitié des pays de la planète ne dispose ainsi que de 15 médecins pour 10 000 habitants. En 2013, selon sa dernière évaluation, l’OMS estimait le besoin total à 17,4 millions de professionnels de santé. L’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud sont les zones où ce manque est le plus criant.

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