Les aéroports à la recherche de systèmes antidrones

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Un drone survole Berlin, le 13 novembre 2019.
Un drone survole Berlin, le 13 novembre 2019. CHRISTOPHE GATEAU / AFP

Le décollage du marché des drones civils et de leurs applications reste encore inégal. En revanche, les équipements antidrones font recette, et ils mobilisent déjà une partie du secteur aéronautique. A son corps défendant, l’aéroport de Londres-Gatwick, qui vient de s’équiper, pour un coût de 4 millions d’euros, d’un système de détection, a largement contribué à faire prendre conscience d’une menace que l’on ne peut plus négliger. Fin décembre 2018, son activité avait été bloquée presque deux jours, des drones – ou ce qui y ressemblait – ayant été repérés à proximité des pistes. Depuis, le monde aéroportuaire considère que les outils de détection sont devenus indispensables. Au moins pour les aéroports internationaux.

Celui de Londres-Heathrow vient d’inaugurer un système capable de repérer des engins volants de petite taille évoluant à basse altitude dans un rayon de 5 km. Les radars ont été conçus par le britannique Aveillant, start-up passée dans le giron de Thales, pour un coût de près de 10 millions d’euros. « Aujourd’hui, tout le monde fait le pari que ce qui risque de coûter le plus cher, c’est de ne pas se protéger », résume un bon connaisseur du dossier, sous couvert d’anonymat. Celui-ci rappelle que la fermeture de Gatwick a fait perdre 60 millions d’euros aux compagnies et à l’aéroport, dont 17 millions pour EasyJet. Les perturbations subies ces derniers mois à Dubaï, Singapour, Dublin, Newark (New Jersey) ou Francfort ont, elles aussi, laissé une facture salée.

« La compétition sera rude »

Plutôt que de se contenter de mettre la main à la poche, le Groupe ADP s’est lancé dans la conception de systèmes antidrones. La difficulté de l’exercice ne tient pas seulement à la sophistication des technologies utilisées (radars holographiques, goniométrie poussée, capteurs thermiques ou optiques, repérage optronique), mais aussi à leur assemblage, qui réclame de longues mises au point. Le groupe, qui gère 25 aéroports, a élaboré avec la direction des services de la navigation aérienne (DSNA) un dispositif actuellement en test à Roissy et à Orly. Capable d’ausculter électroniquement une superficie de 6 000 hectares, cet équipement a d’ores et déjà permis de repérer plusieurs drones évoluant à l’intérieur de la zone d’exclusion de 5 kilomètres autour d’un aéroport. En cause, des pilotes de bonne foi, mais négligents. Dans tous les cas, l’éventuelle neutralisation d’un appareil resterait de la responsabilité des forces de l’ordre.



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