L’ère Trump a marqué le début du découplage sino-américain

0
29


En mai 2018, soudain, la firme de téléphonie chinoise ZTE a mis tout son personnel au chômage technique. En cause, les sanctions prises par les Américains contre ce fleuron chinois accusé d’avoir violé les embargos américains sur l’Iran et la Corée du Nord. Privée de composants électroniques américains, la firme était à terre.

A Berlin, le 29 avril, une fresque parodie la scène du « baiser » sur les vestiges du Mur : Donald Trump et  Xi Jinping s’embrassant, les deux portant des masques.

Cet épisode fut décisif dans la guerre commerciale que lança Donald Trump contre la Chine. Clairement, il est apparu que les Chinois étaient toujours vulnérables aux sanctions américaines, parce qu’ils étaient encore en retard technologiquement sur les Etats-Unis. Ainsi, la bataille du leadership mondial n’était pas tout à fait jouée, et les Américains avaient les moyens de la gagner.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Huawei et ZTE au cœur des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine

Le mandat de Donald Trump aura été celui de l’affrontement avec la Chine, et il fait largement consensus à Washington. Barack Obama avait choisi la méthode progressive, par l’encerclement de la Chine avec l’accord de libre-échange transpacifique qui englobait les puissances de la région sauf Pékin et un accord de non-agression dans l’espionnage industriel scellé en 2015. Donald Trump choisit la méthode brutale, estimant que la Chine, entrée dans l’Organisation mondiale du commerce en 2001, ne respectait pas les règles de commerce équitable, pillait les technologies américaines et régressait dans l’autoritarisme. Si quiconque autre que Donald Trump avait été à la Maison Blanche, tout le monde aurait applaudi, à commencer par les Européens.

Lire aussi La Chine et les Etats-Unis se rendent coup pour coup dans leur guerre commerciale

Le candidat démocrate Joe Biden, accusé d’avoir été par le passé naïf sur Pékin et qualifié de « made in China » par son adversaire parce que sa politique aurait conduit à des délocalisations massives lorsqu’il était vice-président de Barack Obama, est à peu près sur la même ligne que Donald Trump, même s’il préfère passer par la voie de la négociation ferme. Il invoquera le climat ou les droits de l’homme, même s’il convient de noter que l’administration Trump a été plus ferme que les Européens sur Hongkong et les Ouighours.

Découplage sino-américain

Pendant son mandat, Donald Trump a imposé des droits massifs sur toutes les importations chinoises ou presque, et a signé un armistice provisoire dans lequel les Chinois s’engagent à acheter américain, notamment des produits américains. Cet accord, qui ne traite pas des sujets essentiels comme le transfert forcé de technologie et les subventions chinoises à leurs entreprises, n’est qu’à moitié respecté.

Mais l’essentiel est ailleurs : l’ère Trump marque le début du découplage sino-américain, la désimbrication de leurs économies après quatre décennies de mondialisation. L’exemple le plus édifiant est l’« américanisation » probable du réseau social d’origine chinoise TikTok. Les Américains qui mettent sous surveillance les investissements chinois chez eux, dissuadent de facto les étudiants chinois de venir étudier dans les universités américaines et ont découvert avec la crise du Covid-19 qu’il était essentiel de savoir fabriquer sur son sol les médicaments et produits stratégiques.

Il vous reste 27.38% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

Have something to say? Leave a comment:

Booking.com