Le spectre de Hongkong pèse sur la campagne des élections taïwanaises

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Une personne porte un drapeau de soutien à Hongkong lors du grand rassemblement de soutien à la présidente taiwanaise Tsai Ing-wen vendredi 10 janvier à Taipei.
Une personne porte un drapeau de soutien à Hongkong lors du grand rassemblement de soutien à la présidente taiwanaise Tsai Ing-wen vendredi 10 janvier à Taipei. JEROME TAYLOR / AFP

Vêtus de noir de la tête au pied, le visage masqué et portant haut, écrit en blanc sur des bannières noires, le slogan « libérer Hongkong, révolution de notre temps », les petits groupes de Hongkongais qui ont participé vendredi 10 janvier au cortège de soutien à la présidente Tsai Ing-wen à Taipei, candidate à sa réélection au scrutin de samedi 11 janvier, puis au dernier grand rassemblement organisé le soir devant le palais présidentiel, ont eu un succès certain parmi ses partisans.

La foule s’écarte sur leur passage. Puis fait cercle autour d’eux pour les photographier ou faire des selfies. Juché sur un tabouret, un jeune au front ceint d’un bandeau noir scande « courage Taïwan ! », à quoi lui répond en cœur des « jiayou Shengang » (courage Hongkong !) – l’un des cris de ralliement du mouvement de protestation pro démocratie qui oppose depuis juin la jeunesse de la région administrative spéciale contre son gouvernement et sa pesante tutelle chinoise.

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« Aujourd’hui Hongkong, demain Taïwan. Chaque vote compte »

Un peu plus loin, Evan, un étudiant hongkongais protestataire venu plusieurs jours à Taïwan pour « observer les élections » et le « modèle taïwanais », tend aux objectifs des smartphones la pancarte « aujourd’hui Hongkong, demain Taïwan. Chaque vote compte ».

« C’est important pour nous de voir comment fonctionne la démocratie à Taïwan. C’est une inspiration. Nous aussi on veut pouvoir choisir ceux qui nous dirigent », souffle-t-il, le visage dissimulé derrière un foulard. « Et puis si un certain candidat est élu », poursuit-il en désignant sans le nommer le candidat du Koumintang (KMT), Han Kuo-yu, « alors il va falloir qu’on réfléchisse à l’avenir ».

Une délégation de jeunes élus des élections de districts du 24 novembre 2019 à Hongkong a également fait un voyage « d’observation ». Un certain nombre d’étudiants ont décidé de venir poursuivre à Taïwan leurs études depuis la fermeture des universités de Hongkong au trimestre dernier. Plusieurs dizaines de protestataires de Hongkong en fuite se sont aussi réfugiés à Taïwan, comme Lucas, 20 ans : arrivé il y a six mois, il est sûr qu’il se fera arrêter s’il retourne à Hongkong, et ne donne que son prénom anglais.

« J’étais un manifestant du front, et j’ai déjà été arrêté une fois. Ils arrêtent les gens très facilement maintenant, quand ils sortent de chez eux, dans la rue », explique-t-il dans la cour de l’église presbytérienne Ché-lam à Taipei, l’une des organisations les plus visibles dans son soutien aux Hongkongais.



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