Le Sénat américain confirme la nomination à la Cour suprême de la juge conservatrice Amy Coney Barrett

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La juge Amy Coney Barrett à Washington le 26 septembre.

A huit jours des élections américaines, Donald Trump vient d’enregistrer une immense victoire avec la confirmation d’Amy Coney Barrett à la Cour suprême. Le Sénat a donné lundi 26 octobre son aval pour l’entrée de cette juge conservatrice, fervente catholique opposée à l’avortement, au sein du temple du droit américain. Une arrivée qui va considérablement modifier l’équilibre au sein de la haute juridiction.

Après la mort, le 18 septembre, de la juge progressiste Ruth Bader Ginsburg, le président américain avait souhaité lui trouver un (ou une) successeur(e) rapidement, avant l’élection présidentielle. M. Trump comptait sur cette confirmation de son choix par le Sénat pour satisfaire sa base électorale. Il aura, en effet, au cours de son mandat nommé trois juges conservateurs au sein de la Cour suprême, qui compte dorénavant six juges conservateurs sur neuf.

Les démocrates dénonçaient, de leur côté, sa volonté de faire aboutir une nomination capitale – d’une juge choisie à vie – à une date aussi proche de celle du scrutin, le 3 novembre, mais disposaient de peu de leviers pour s’y opposer. Car les républicains sont majoritaires au Sénat, au moins jusqu’aux élections du 3 novembre puisque, outre leur président, les Américains renouvelleront aussi partiellement le Congrès.

Le camp présidentiel a globalement fait bloc derrière le choix de Donald Trump. Si deux sénatrices républicaines avaient manifesté leur opposition à ce processus précipité, l’une d’elles, Lisa Murkowski, a prévenu au cours de ce week-end que ça ne l’empêcherait pas de voter en faveur de la juge. Lors de ce vote solennel en séance plénière, la majorité simple de 51 voix, aux mains des républicains, suffisait.

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Fervente catholique

Amy Coney Barrett, 48 ans, est très bien vue de la droite religieuse, qui apprécie sa vision du droit et son mode de vie. Cette fervente catholique, native de la Louisiane, dans le Sud conservateur du pays, a sept enfants.

Dès la fin des années 1990, alors jeune diplômée de l’université Notre-Dame, une institution confessionnelle réputée de l’Indiana, elle embrasse une lecture dite « originaliste » du droit en travaillant pour le juge de la Cour suprême Antonin Scalia, qui a théorisé cette doctrine. Elle impose de lire la Constitution telle qu’elle a été pensée lors de son écriture. Une vision prisée dans les milieux traditionalistes, qui reprochent à la plus haute juridiction du pays de s’être éloignée de la pensée des pères fondateurs pour faire évoluer certains droits, dont l’avortement ou le mariage homosexuel.

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En 2017, elle devient juge fédérale en cour d’appel, celle du septième circuit, compétente pour les Etats de l’Indiana, de l’Illinois et du Wisconsin. Son processus de confirmation au Sénat avait alors été houleux : « Le dogme religieux vit bruyamment en vous », lui avait notamment reproché la sénatrice démocrate Dianne Feinstein.

En 2018 déjà, la juge Barrett figurait parmi les favoris de Donald Trump pour remplacer Anthony Kennedy à la Cour suprême. Le siège est finalement revenu à Brett Kavanaugh après une féroce bataille politique.

Sa confirmation à la plus haute institution judiciaire américaine étant actée, la magistrate devrait prêter serment dès mardi et participer à sa première audience dès le 2 novembre, la veille de l’élection présidentielle. Elle siégera donc théoriquement en cas d’examen d’éventuels recours contre les résultats du scrutin. En 2000, la Cour suprême avait eu à trancher l’issue du vote lorsqu’elle avait validé l’élection de George W. Bush face à Al Gore malgré les doutes qui pesaient sur le comptage des votes de la Floride.

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Le Monde avec AFP



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