L’aide internationale se réduit pour le Yémen, qui s’enfonce dans la crise sanitaire

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Le cimetière Radwan, à Aden (Yémen), où le nombre de nouvelles tombes ne cesse de grimper, le 21 mai.
Le cimetière Radwan, à Aden (Yémen), où le nombre de nouvelles tombes ne cesse de grimper, le 21 mai. AP

L’horizon s’assombrit de nouveau au Yémen. Le pays continue à s’enfoncer dans le chaos politique et sécuritaire, les crises humanitaires multiples qui frappent sa population sont aggravées par l’installation de l’épidémie de Covid-19 en son sein, et l’aide internationale destinée aux Yéménites s’étiole.

Mercredi 3 juin, l’Organisation des Nations unies (ONU) a fait savoir qu’elle devrait réduire, voire fermer, plusieurs de ses programmes permettant d’accompagner la lutte contre le virus d’ici à la fin du mois, à moins d’obtenir des Etats des financements supplémentaires. Cette déclaration alarmiste intervient au lendemain d’une conférence virtuelle réunissant les donateurs qui s’est avérée particulièrement décevante pour les humanitaires actifs sur le dossier yéménite. Seul 1,35 milliard de dollars a en effet été promis mardi par les organisations et Etats participants, contre 2,6 milliards en 2019. Il manque désormais plus d’un milliard de dollars aux Nations unies pour finir l’année.

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Le nombre de personnes ayant besoin d’aide humanitaire est estimé à 24,1 millions pour une population de moins de 31 millions d’habitants. La poursuite des combats, des déplacements de population couplée à la pandémie de Covid-19 n’augure de ce point de vue d’aucune amélioration.

Selon la porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU, cette réduction des promesses de dons va « handicaper durement les efforts visant à contenir l’épidémie qui s’étend déjà rapidement » au Yémen. En l’absence de chiffres fiables, liée à l’état de dégradation des institutions et au morcellement des autorités en place après cinq années de guerre civile et d’intervention militaire saoudienne contre les rebelles houthistes, l’Organisation mondiale de la santé opère désormais dans le pays en supposant que l’épidémie y a déjà atteint son pic.

Les cimetières se remplissent

Des signes empiriques de surmortalité ont par ailleurs commencé à abonder du nord au sud, au cours des dernières semaines. Les cimetières se remplissent de cadavres à Aden comme à Sanaa, tandis que sur les réseaux sociaux, les Yéménites voient fleurir les avis de décès et que le bouche-à-oreille diffuse des rumeurs d’hécatombes, impossibles à vérifier pour les acteurs humanitaires présents sur place.

« Les gens meurent du Covid-19, de plus en plus nombreux, chez eux, dans leurs provinces loin des rares infrastructures de santé qui fonctionnent encore et qui ne voudraient de toute façon pas d’eux », explique un humanitaire yéménite joint par téléphone à Aden, la grande cité portuaire du sud du pays, qui est devenu un des foyers du virus et ou Médecins sans frontières a mis en place, comme à Sanaa, un centre de soins pour les patients atteints du Covid-19.

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