La première ministre de Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern, large vainqueure des élections législatives

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« Félicitations à la première ministre Jacinda Ardern, à qui j’ai téléphoné, parce que ce sont, je crois, des résultats extraordinaires pour le Parti travailliste », a déclaré Judith Collins, chef de file du Parti national (NP, opposition de centre droit). Avant même les résultats définitifs des élections générales, la leader de l’opposition conservatrice concédait publiquement sa défaite.

La première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, a remporté, samedi 17 octobre, une large victoire lors des élections législatives, son Parti travailliste (NZLP) étant sur le point de rafler la majorité absolue au Parlement. Désormais réélue, Mme Ardern assure avoir un mandat pour accélérer les réformes :

« Merci à toutes ces personnes qui nous ont donné leur voix, qui nous ont fait confiance pour continuer à piloter la relance de la Nouvelle-Zélande. »

Alors que 95 % des bulletins avaient été décomptés, les travaillistes étaient en tête avec 49 % des suffrages, ce qui, selon les projections, lui permettrait de contrôler 64 des 120 sièges du Parlement. Jamais un parti néo-zélandais n’est parvenu à avoir la majorité absolue depuis la réforme du système électoral en 1996.

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« Jacindamania »

Le NP de Mme Collins n’était crédité que de 27 % des voix, un score qui ne lui donnerait que 35 sièges au Parlement, soit son pire résultat depuis 2002. Il s’agirait en revanche pour les travaillistes du meilleur résultat électoral depuis 1946, qui dépasse les prévisions des instituts de sondage.

La chef du NZLP, Claire Szabo, a fait l’éloge de la campagne de la charismatique première ministre, qui avait déjà bénéficié en 2017 d’une extraordinaire vague de sympathie, surnommée « Jacindamania », qui lui avait permis de conquérir le pouvoir contre toute attente. « Il ne fait aucun doute que le leadership très fort de Jacinda Ardern est une des raisons principales de tout cela », a-t-elle déclaré sur une chaîne de télévision publique néo-zélandaise.

Au pouvoir depuis 2017, Mme Ardern, qui a eu 40 ans cet été, avait surnommé le scrutin les « élections du Covid », axant sa campagne sur son bilan très solide dans la lutte contre l’épidémie. La Nouvelle-Zélande, qui compte 5 millions d’habitants, a enregistré 25 décès dus au SARS-CoV-2 et la stratégie du gouvernement a été saluée par l’Organisation mondiale de la santé.

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« Qui est la plus qualifiée pour assurer la sécurité des Néo-Zélandais et (…) nous placer sur le chemin de la reprise ? », avait interrogé la dirigeante travailliste lors de sa campagne. Jacinda Ardern a aussi maintes fois insisté sur la nécessité de « se serrer les coudes dans les périodes incertaines », une façon de rappeler que la seconde moitié de son mandat a été marquée par une succession de crises sans précédent dans l’archipel.

Dirigeante forgée par les crises

La force de caractère de la première ministre a notamment été éprouvée en mars 2019 lors de la pire attaque terroriste de l’histoire néo-zélandaise, quand un suprémaciste blanc a froidement abattu 51 fidèles dans deux mosquées de Christchurch (Sud). Elle avait alors impressionné par son attitude, sa compassion vis-à-vis des victimes et sa réaction politique très vive, notamment sur la question du contrôle des armes et sur celle de la nécessité de pousser les réseaux sociaux à sévir contre la propagation des discours de haine.

A ce drame, avait succédé une éruption volcanique qui a fait 21 morts en décembre et, cette année, la pandémie. « Quelle que soit la crise que je traverse, vous aurez toujours l’assurance que je donnerai tout ce que j’ai (…), même si cela implique un énorme sacrifice », a-t-elle affirmé cette semaine.

Sur le front de la politique intérieure, la dirigeante travailliste avait vu ses réformes sociales en matière d’accès au logement ou de réduction de la pauvreté infantile freinées par les blocages opérés par un de ses partenaires de coalition, le mouvement populiste New Zealand First de Winston Peters.

La codirigeante des Verts, Marama Davidson, qui appartenait aussi à la coalition sortante, a estimé que la première ministre avait un mandat clair pour mettre en œuvre le changement. « Ces résultats montrent à quel point les Néo-Zélandais veulent un gouvernement fort et véritablement progressiste », a-t-elle dit.

Le Monde avec AFP



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