la justice américaine lance des poursuites contre six pirates issus des services de renseignement russe

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Six pirates informatiques russes ont été inculpés pour leur participation à certaines des attaques informatiques les plus retentissantes de ces dernières années, a annoncé lundi 19 octobre le ministère américain de la justice. Il leur est notamment reproché le piratage de plusieurs comptes courriels de l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron, en 2017, mais aussi la diffusion du destructeur virus NotPetya et une attaque informatique contre les Jeux olympiques d’hiver de PyeongChang en 2018.

Les six hommes que l’on peut considérer comme mis en examen par la justice américaine sont accusés de faire partie de l’unité 7455 du renseignement militaire russe, appelée « Sandworm » par la plupart des chercheurs en sécurité informatique. Les enquêteurs américains estiment que ces agents russes sont à l’origine d’une série de piratages de haut vol, et notamment de celui, en pleine campagne présidentielle française en 2017, des boîtes de messagerie de plusieurs cadres du parti En marche !. Le contenu de ces courriels avait été publié en ligne dans la dernière ligne droite de l’élection, à moins de deux jours du second tour.

Le parti d’Emmanuel Macron avait alors dénoncé une « action de piratage massive et coordonnée ». La section cyber du parquet de Paris avait, dès le lendemain, ouvert une enquête préliminaire pour piratage informatique et atteinte au secret des correspondances, confiée à la brigade d’enquêtes sur les fraudes aux technologies de l’information de la Préfecture de police de Paris. Après cette effervescence, et comme l’avait documenté Le Monde, les autorités avaient été très attentistes dans l’enquête qui avait suivi. Certaines sources indiquaient que les autorités avaient choisi de résoudre le litige par des voies diplomatiques.

Les enquêteurs américains accusent en particulier Anatoliy Sergeyevich Kovalev, déjà mis en examen aux Etats-Unis pour son rôle dans le piratage des e-mails de cadres du Parti démocrate en 2016, d’avoir mené en France l’année suivante une campagne visant « plusieurs partis politiques, dont celui d’Emmanuel Macron », selon l’acte d’inculpation.

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Plusieurs cyberattaques majeures

La justice américaine accuse également ces agents russes d’être à l’origine de « la cyberattaque la plus destructrice et coûteuse de l’histoire » : le virus NotPetya, qui avait bloqué des centaines de milliers d’ordinateurs dans le monde occasionnant des dégâts estimés à plus d’un milliard d’euros rien qu’en France. Le virus, qui semblait viser initialement des entreprises ukrainiennes, s’était rapidement diffusé dans le monde entier ; il verrouillait l’accès aux fichiers contenus sur les machines infectées.

Le même groupe est également accusé d’une série d’attaques contre les jeux olympiques d’hiver de 2018 en Corée, opérations menées en rétribution après le bannissement de plusieurs athlètes russes pour dopage.



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