« La France ne peut rester silencieuse face à l’escalade répressive du gouvernement égyptien »

0
14


Tribune Le président de la République et le ministre des affaires étrangères doivent prendre des mesures fortes pour réclamer du gouvernement égyptien l’arrêt de l’escalade répressive contre les défenseurs des droits, et la libération immédiate des trois membres de l’Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR) qui ont été arrêtés la semaine du 15 novembre, dont la vie et la santé sont en danger du fait de conditions de détention inhumaines.

Le président égyptien s’apprête à venir en visite officielle en France ; il est impératif de lui signifier avec force que son gouvernement doit relâcher les employés de l’EIPR ainsi que tous les défenseurs des droits et journalistes détenus arbitrairement. Entre le 15 et le 19 novembre, ces trois directeurs de l’EIPR, une organisation indépendante de défense des droits humains internationalement reconnue, ont été arrêtés et placés en détention provisoire : Gasser Abdel Razek, le directeur exécutif de l’association, Karim Ennarah, son directeur de la justice pénale, et Mohamed Basheer, le directeur administratif.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Des parlementaires européens se mobilisent pour les prisonniers d’opinion en Egypte

Les autorités les accusent d’appartenir à une organisation terroriste et de diffuser de fausses informations, des accusations habituelles, utilisées par le régime contre les défenseurs des droits et les journalistes. Un autre employé, Patrick Zaki, est également en détention depuis le mois de février pour « diffusion de fausses informations ».

En réalité, leur seul crime est d’avoir publié des rapports sur la situation des droits dans leur pays, y compris concernant la peine de mort et les exécutions (en forte hausse cette année), les conditions de détention, les droits des minorités religieuses et sexuelles, et les droits économiques et sociaux.

Une escalade répressive du gouvernement égyptien

Leurs conditions de détention sont très inquiétantes. Lors d’un interrogatoire le 23 novembre, Gasser Abdel Razek a dit à ses avocats qu’il est maintenu à l’isolement, sans avoir quitté sa cellule une seule fois depuis son arrestation. Les autorités pénitentiaires ont confisqué toutes ses affaires et lui refusent des habits chauds. Il a constamment froid, il dort sur un lit en métal sans matelas, et il n’a pas le droit d’acheter de la nourriture à la cantine.

Ni les familles ni les avocats n’ont de nouvelles de Karim Ennarah ou de Mohamed Basheer depuis leur mise en détention, et nous craignons qu’ils fassent également l’objet de maltraitances*. La France ne peut rester silencieuse face à cette escalade répressive d’un gouvernement avec lequel elle entretient des relations économiques et stratégiques étroites.

Il vous reste 43.22% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

Have something to say? Leave a comment:

Booking.com