La Chine connaît une rapide reprise de sa croissance économique

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Dans une usine de Weifang (Chine), le 15 décembre 202O.

La Chine a connu en 2020 une croissance économique de 2,3 %, selon les statistiques publiées lundi 18 janvier. C’est le taux le plus faible jamais enregistré depuis plus de quarante ans, mais qu’il faut immédiatement relativiser. En cette année de pandémie, tous les autres grands pays ont été en récession. Surtout, la croissance chinoise au quatrième trimestre – 6,5 %, comparé au dernier trimestre de 2019 –, supérieure à celle du troisième trimestre (4,9 %) ainsi qu’aux attentes des prévisionnistes, montre que l’empire du Milieu est reparti de plus belle. Au premier trimestre 2020, la croissance avait chuté de 6,8 % et personne n’anticipait une reprise si rapide. Selon la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), la Chine pourrait connaître une croissance de 7,9 % en 2021.

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Symboliquement, le produit intérieur brut (PIB) chinois a dépassé en 2020 le seuil des 100 000 milliards de yuans. Il a en effet atteint 101 598 milliards de yuans (environ 12 968 milliards d’euros). Ning Jizhe, responsable du Bureau national de la statistique, a jugé que « les principaux objectifs économiques et sociaux avaient été réalisés au-delà de ce qui était prévu », mais il est resté prudent, ajoutant qu’« il y a encore beaucoup d’incertitudes ». En effet, encore faut-il que l’épidémie ne reparte pas en Chine et que le reste du monde se relève à son tour.

Ventes en ligne

La croissance chinoise est surtout due à l’activité industrielle. Celle-ci a connu une hausse de 2,8 % en 2020. En revanche, les ventes au détail ont chuté de 3,9 %. Certes, elles sont reparties à la fin de l’année, avec une croissance de 4,6 % en décembre comparé à la fin de 2019, mais les experts s’attendaient à plus. La restauration a été particulièrement touchée par le Covid-19, avec une baisse du chiffre d’affaires de 16,6 % sur l’année. Les ventes en ligne représentent désormais le quart du total (24,9 %), en hausse de 4,2 points par rapport à 2019.

Malgré les discours des dirigeants qui insistent sur un rééquilibrage de la croissance et affirment miser de plus en plus sur la consommation intérieure et de moins en moins sur les exportations, la première reste le talon d’Achille de la Chine. En revanche, le monde est toujours aussi accro au « made in China ». L’excédent commercial de la Chine a atteint en 2020 son plus haut niveau depuis 2015, à 535 milliards de dollars (+ 27 % sur un an). Infligeant un dernier revers à Donald Trump, l’excédent commercial avec les Etats-Unis a été en hausse de 7,1 %, à 316,9 milliards de dollars. « Les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner » s’était pourtant vanté l’hôte de la Maison Blanche en mars 2018.

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En fait, la Chine a profité de la demande mondiale de masques. Le pays a exporté 224 milliards de masques entre mars et décembre. « C’est l’équivalent de 40 masques par personne hors de Chine », s’est félicité le porte-parole des douanes, Li Kuiwen. La Chine a également profité de la forte demande mondiale de produits électroniques liée au développement du télétravail. Si les importations chinoises ont connu en décembre une hausse de 6,5 %, elles s’affichent en repli de 1,1 % pour l’ensemble de l’année 2020, reflétant la médiocrité de la consommation intérieure.

Motifs d’inquiétude

Celle-ci va-t-elle repartir ? D’un côté, les ménages semblent souffrir d’une stagnation du pouvoir d’achat en 2020. En revanche, les chiffres officiels indiquent que 11,86 millions d’emplois urbains auraient été créés en 2020, soit davantage que l’objectif fixé, qui était de 9 millions. Le taux de chômage urbain serait resté stable à 5,2 %.

Les dirigeants chinois ne présenteront qu’en mars, lors de la session annuelle du Parlement, le détail de leur politique économique pour 2021. En 2020, ils n’avaient pas affiché d’objectif de croissance. Il est probable qu’ils attendent de voir comment évolue l’épidémie de Covid-19. Celle-ci avait quasiment disparu, mais donne à nouveau des motifs d’inquiétude depuis le début de l’année. Les autorités conseillent désormais aux Chinois de ne pas se déplacer pendant les vacances du Nouvel An lunaire, qui commencent le 12 février.

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