La 5G, future pomme de discorde entre Berlin et Washington

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Au salon IFA de Berlin, le 4 septembre 2020.

Le sujet est depuis des mois un nœud gordien dans les relations germano-américaines, et devrait le rester sous la future présidence Biden : les infrastructures de télécommunication 5G. Les Etats-Unis, qui ont banni de leurs fournisseurs le chinois Huawei, soupçonné d’espionnage, exigent depuis des mois des pays européens qu’ils fassent de même.

Certains Etats ont montré leur bonne volonté, comme la France, qui a décidé de limiter le poids de Huawei dans les cœurs des réseaux 5G au grand dam de SFR et de Bouygues Télécom, ou bien le Royaume-Uni. L’Allemagne s’apprête, elle, à refuser de bannir a priori toute entreprise en particulier.

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La question est particulièrement sensible : au-delà des querelles commerciales, la technologie a pris une place centrale dans les rapports de force géopolitiques. « Ce n’était pas encore le cas il y a quatre ans. Aujourd’hui, les Etats-Unis et la Chine examinent toute dépendance réciproque en matière de flux de données, d’infrastructures de télécommunications, de semi-conducteurs, qui deviennent des enjeux géopolitiques majeurs », souligne Tyson Barker, directeur du département technologies et politique extérieure d’un centre allemand de recherches en relations internationales, le DGAP. « Ce conflit technologique s’étend jusqu’aux appareils finaux (smartphones et tablettes) et aux réseaux sociaux et plates-formes de paiement, où l’offre chinoise est de plus en plus appréciée. »

« Concurrent systémique »

Longtemps indécise sur la 5G, Angela Merkel devrait bientôt clarifier la position allemande. A Berlin, les discussions au sein de la coalition au pouvoir sont entrées dans leur phase finale, après deux ans de débats houleux. Un projet de loi devrait être présenté d’ici à la fin de l’année 2020. Une chose semble acquise, soulignent les personnes proches du dossier, il n’y aura pas de « lex Huawei » : aucune entreprise ou pays en particulier ne sera mis à l’index. Le texte devrait seulement imposer des mesures de sécurité très strictes à l’ensemble des fournisseurs.

Ce texte suffira-t-il à apaiser Washington, qui considère Huawei comme le bras technologique des ambitions hégémoniques de Pékin ? C’est peu probable, même sous la présidence Biden, qui va conserver une position hostile vis-à-vis de la Chine. A Berlin, les milieux politiques et économiques misent pourtant beaucoup sur un retour à une certaine normalité dans les relations transatlantiques après le départ de Donald Trump. Et, depuis deux ans, l’Allemagne a sensiblement fait évoluer sa position vis-à-vis du géant asiatique.

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