Johns Hopkins University, vigie mondiale de l’épidémie due au coronavirus

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Publié aujourd’hui à 14h52

Photo-illustration Pablo Delcan
Photo-illustration Pablo Delcan Pablo Delcan pour M Le magazine du Monde

L’abréviation « JHU » a fait irruption dans tous les ­journaux (dont Le Monde) et les parents d’apprentis scientifiques se sont mis à lorgner Baltimore, ville côtière du Maryland, qui abrite cet établissement à l’orthographe inhabituelle : Johns — avec un « s » — Hopkins University.

Depuis le début de la pandémie due au SARS-CoV-2, cette institution tentaculaire — à la fois hôpital réputé, école de médecine reconnue, centre de recherche international et université pluridisciplinaire — est devenue la vigie incontournable de la maladie et de son avancée sur la planète.

Depuis, ses experts se succèdent sur toutes les chaînes de télévision américaines, y compris sur la très conservatrice Fox News, dont nombre d’animateurs affichent pourtant un rapport assez distancié avec la science. Plusieurs des responsables de JHU ont été auditionnés par les élus du Congrès américain, ­désireux de mieux comprendre la propagation et l’étendue du Covid-19. D’autres ont rejoint les équipes de gouverneurs ou de maires chargées de la politique de lutte contre la pandémie.

39 prix Nobel

L’aura de Johns Hopkins University n’est pas nouvelle, elle qui a formé, et emploie toujours, pléthore de Prix Nobel (39, toutes disciplines confondues) et compte 50 000 salariés à travers le monde. En ces temps de confinement prolongé dans l’État du Maryland, déambuler dans les allées du campus, où se succèdent bâtiments centenaires de brique rouge et constructions modernes disséminés en de nombreux sites, n’est guère recommandé.

Mais habi­tuellement, depuis que, en 1876, l’homme d’affaires et philanthrope Johns Hopkins a légué plusieurs millions de dollars pour la création de l’université, Baltimore vit au rythme de l’établissement. Son hôpital, frontière symbolique entre les quartiers bourgeois de la ville et ses rues délabrées, immortalisées par la série « The Wire », attire des patients de tous les États-Unis.

Son école de santé publique, classée première du pays à sa création, en 1916, vient d’être à nouveau placée en tête, et son école de médecine deuxième, par le magazine spécialisé U.S. News & World Report. En 2018, JHU a aussi attisé les convoitises, lorsque le milliardaire Michael Bloomberg a versé la somme historique de 1,8 milliard de dollars à l’université, dont il est lui-même diplômé : dès 2001, ses dons généreux lui avaient permis d’accoler son nom à l’école de santé publique (Johns Hopkins Bloomberg).

Avec la crise sanitaire, « JHU est entrée dans tous les salons ». Denis Wirtz, vice-recteur à la recherche de l’université

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