Joe Biden propose la réforme de l’immigration la plus ambitieuse depuis Reagan

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Photo d’archive d’une manifestation, le 7 juin 2018 à Los Angeles, contre la décision de Donald Trump de séparer les familles sans papiers.

Les Latinos avaient été déçus par Barack Obama. Cette fois, ils espèrent que Joe Biden va faire passer la réforme de l’immigration qu’ils attendent depuis près de quinze ans. Quelques heures après avoir pris ses fonctions, le nouveau président a envoyé au Congrès un projet de loi qui leur donne satisfaction. Il prévoit une régularisation par étapes des quelque 11 millions d’immigrants sans papiers qui vivent aux Etats-Unis, et y assurent quelques-uns des travaux essentiels à l’économie en temps de pandémie sans bénéficier d’assurance-santé.

Le Congrès devra se prononcer sur ce qui s’annonce comme la réforme la plus ambitieuse depuis que Ronald Reagan a octroyé un statut légal à quelque 3 millions de sans-papiers en 1986. Certains républicains utilisent déjà le mot d’« amnistie », vocabulaire qui a fait capoter les tentatives de réforme sous George W. Bush et, en 2013, sous Barack Obama.

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Le projet donne aussi aux « Dreamers », les jeunes arrivés aux Etats-Unis avant l’âge de 16 ans, un nouvel espoir. Donald Trump avait abrogé le décret pris par Barack Obama pour leur permettre de rester aux Etats-Unis, sans toutefois aller jusqu’à prononcer leur expulsion vers des pays qu’ils connaissent à peine. La Cour suprême avait bloqué cette mesure en juin 2020. Joe Biden a signé un décret qui rétablit leur statut pour quatre ans, le temps que le Congrès adopte la législation qui leur permettrait d’obtenir la citoyenneté américaine. De même, les bénéficiaires d’autorisations de séjour temporaire, Haïtiens ou Centro-Américains accueillis à titre humanitaire, devraient voir rétablis leurs permis de résidence annulés par le président républicain, en attendant un statut définitif.

Expulsions suspendues

Le projet de loi (« US Citizenship Act of 2021 ») donnerait aux sans-papiers présents aux Etats-Unis au 1er janvier 2021 un statut légal temporaire leur permettant de demander la « carte verte » (permis de séjour) dans les cinq ans, à condition de remplir certains critères. Trois ans plus tard, ils seraient éligibles pour la nationalité américaine. Les ouvriers agricoles et les employés des abattoirs, qui figurent au premier rang des victimes de la pandémie, notamment dans les usines de viande du Midwest et les champs en Californie, devraient être prioritaires dans la régularisation : celle-ci pourrait faire partie du plan de relance que M. Biden entend soumettre au Congrès.

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La réforme n’est pas liée à une promesse de renforcer la frontière, comme la tactique adoptée en 2012 par Barack Obama dans l’espoir d’amadouer les républicains. Au contraire : Joe Biden a confirmé son intention d’interrompre la construction du mur vanté par Donald Trump comme l’une des réussites de son mandat. Dans une proclamation, le nouvel élu a annulé, mercredi, la déclaration d’état d’urgence nationale à la frontière mexicaine qui avait permis à son prédécesseur de financer les travaux du mur avec des crédits alloués au Pentagone.

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