Joe Biden en campagne avec les syndicats dans le Minnesota

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Joe Biden à Duluth (Minnesota), le 18 septembre.

En arrivant à la Maison de formation du syndicat des charpentiers, on a cru s’être trompé de destination : quelque soixante-dix partisans de Donald Trump, casquette rouge « Make America Great Again », scandaient des slogans favorables au président sortant. En réalité, ces militants avaient décidé de former un « comité d’accueil » pour le candidat démocrate, Joe Biden, qui tenait réunion en banlieue de Duluth, port minier du Minnesota sur les rives du lac Supérieur et ville natale de Bob Dylan. Une réunion en catimini, ce vendredi 18 septembre, comme tous les événements organisés par Joe Biden. Son agenda est annoncé la veille, le lieu approximatif moins de deux heures avant l’événement, pour empêcher toute affluence. Les républicains, connectés sur les réseaux sociaux, ont rappliqué, ravis de leur coup, tandis que les militants démocrates avaient l’air un peu esseulés, tenus eux aussi dans l’ignorance du lieu de la manifestation et dépassés en nombre par leurs adversaires.

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Les militants étaient surtout exclus de la manifestation qui se déroulait à huis clos, à 100 mètres d’eux, avec les deux sénatrices de l’Etat, les démocrates Tina Smith et Amy Klobuchar, quelques journalistes de médias triés sur le volet, le « pool ». Le contraste était saisissant avec le meeting de la veille au milieu du Wisconsin, où quelque 1 500 militants avaient patienté des heures devant un hangar d’aéroport pour voir Donald Trump en superstar descendre de son avion présidentiel et leur en donner pour leur attente avec un interminable discours.

« On est un peu déçus de ne pas être admis à rentrer, c’est un événement fermé », déplore la démocrate Lynn Welshinger, coiffeuse retraitée de 72 ans. Mais dans cette petite assemblée, où tout le monde porte le masque, à la différence des républicains situés de l’autre côté de la rue, on est compréhensif. « C’est la loi : les rassemblements ne sont pas autorisés. C’est intelligent, à la différence de Donald Trump qui a mis en danger les gens avec son meeting dans l’Oklahoma », estime Patricia McNulty, 66 ans.

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A l’intérieur, Joe Biden mène campagne sans public, mais devant une caméra bien cadrée, avec des machines-outils devant lui, dans un Etat démocrate qui manqua d’un cheveu de basculer pour Donald Trump en 2016. Un discours construit, qui tranchait avec le style décousu et trop long de Trump. Des hausses de ton, pour marquer l’autorité, des répétitions pour la pédagogie. La convention démocrate virtuelle avait mis en scène Joe Biden, l’homme sympathique éprouvé par la vie (sa première femme et sa fille décédées d’un accident de voiture, son fils mort d’un cancer). Ce vendredi, c’est Joe Biden le fils de famille modeste, né dans la Pennsylvanie industrieuse.

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