« In Trump we still trust », la campagne américaine vue de Russie

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Vladimir Poutine et Donald Trump, au sommet du G20, à Buenos Aires, le 30 novembre 2018.

L’histoire de la relation russo-américaine sous Donald Trump est d’abord celle d’une déception, aussi brutale et intense que le furent les espoirs suscités à Moscou par sa campagne victorieuse de 2016. Entre autres mots doux adressés à Vladimir Poutine, le magnat de l’immobilier n’envisageait-il pas, à titre d’exemple, une reconnaissance de l’annexion de la Crimée ?

Un an plus tard, le président Trump autorisait la livraison de missiles anti-tanks Javelin à l’Ukraine, un pas stratégique et symbolique que l’administration Obama s’était refusée à franchir. Le reste est à l’avenant.

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Les quatre années de présidence Trump ont marqué un recul dans la relation bilatérale. La politique de sanctions, mise en place par Barack Obama, n’a fait que s’intensifier : Ukraine, Libye, ingérences russes dans la campagne américaine, cyberattaques, espionnage, gazoduc Nord Stream 2… Les sujets de contentieux se sont multipliés et avec eux le cycle des sanctions et contre-sanctions. Moscou recense ainsi 46 actes législatifs américains pris en quatre ans pour établir de nouvelles sanctions ou élargir des mesures existantes. Et, début 2020, la proposition russe d’un sommet des cinq membres du Conseil de sécurité des Nations unies (ONU), dit « P5 », a été ignorée par Washington.

Le 7 octobre, Vladimir Poutine a lui-même estimé, dans un entretien à la télévision, que les « intentions » affichées par Donald Trump n’avaient pas été réalisées. « C’est dû en grande partie au consensus bipartisan » existant à Washington et à la force d’inertie de l’administration, précisait toutefois le président russe.

Trump reste perçu comme un atout

Sincère ou non, cette manière d’exonérer M. Trump en dit long sur les espoirs qui continuent à être placés sur sa personne. « In Trump we still trust », résume l’ancien diplomate Vladimir Frolov. En clair, le président des Etats-Unis reste perçu comme un atout. « Il aime Poutine et le dit, il est facilement manipulé dans les rencontres en face-à-face et il se moque de la démocratie, des droits de l’homme et des balivernes de ce type », détaille ce commentateur très écouté à Moscou.

Qu’il s’agisse des suites de la campagne d’ingérences russes ou de la révélation de contrats posés sur la tête de militaires américains en Afghanistan, Donald Trump a systématiquement fait le choix de l’apaisement ou de l’évitement. Il a également partagé, en mai 2017, des renseignements secrets israéliens avec le ministre russe des affaires étrangères sans l’accord de l’Etat hébreu. M. Trump aura aussi réussi à installer la Chine, à la place de la Russie, dans le rôle du « méchant » désigné pour le temps de la campagne.

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