[Faits Divers] Suspecté de coups mortels à La Réunion, le conjoint violent écroué à Quimper

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SAINT-PAUL/QUIMPER. En septembre 2018, l’époux de Marie-Bergerette Hajji avait été mis en examen pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner puis placé sous contrôle judiciaire. Parti refaire sa vie à Quimper, il a été condamné à un an de prison ferme en décembre dernier pour avoir battu à plusieurs reprises sa nouvelle compagne. Etrangement, il reprochait la même chose aux deux femmes placées sous sa coupe. Celle de ne pas pouvoir lui donner un enfant.

En septembre 2018, Sofienne Hajji, 33 ans, était mis en examen pour violence volontaire ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Six mois auparavant, son épouse Marie-Bergerette avait succombé à ses blessures, très grièvement brûlée avec de l’alcool ménager dans le huis clos du domicile conjugal à Saint-Paul.

Les circonstances du drame intervenu précisément le 8 avril 2018 étaient si troublantes que le mari avait fini par se retrouver en garde à vue à la brigade de recherches de Saint-Paul. Celui qui prétendait que sa femme s’était suicidée avait finalement été placé sous contrôle judiciaire. Sa principale obligation était de ne pas quitter le territoire national quand bien même le parquet de Saint-Denis avait requis son placement en détention provisoire (voir par ailleurs).

Reparti peu après en métropole, Sofienne Hajji s’établit à Quimper où il trouve un emploi. C’est ainsi qu’il fait la connaissance d’une femme. Veuve depuis plusieurs années, elle tombe folle amoureuse du trentenaire d’origine tunisienne dans le courant de l’année 2019. A sa demande, elle accepte le principe d’un mariage religieux en juillet.

“ELLE AIME BIEN QUE JE L’EMBRASSE FORT”

Les relations au sein du couple se dégradent très vite. Le tort de la compagne est de découvrir l’infidélité de son mari. Elle reçoit une pluie de coups pour lui en avoir fait le reproche avec des blessures au visage immortalisées sur photos. Mais elle passe l’éponge au bout de quelques semaines. Le couple se reforme pour le meilleur et surtout le pire.

Rebelote fin novembre 2019. Elle est battue comme plâtre. Il tente même de l’étrangler sur le lit. Cette fois, l’affaire se termine devant le tribunal correctionnel de Quimper où Sofienne Hajji comparaît le 2 décembre dernier pour répondre de violences volontaires sur conjoint avec dix jours d’ITT à la clé.

“Je ne suis pas responsable de toutes les blessures sur son corps. Elle aime bien que je l’embrasse fort”, ose le prévenu à l’audience. Comme le rapporte Le Télégramme, il balaie ainsi d’un revers de manche le certificat médical qui atteste d’un corps parcheminé de lésions. Y compris des abrasions synonyme de strangulation.

“QUAND UNE FEMME M’APPARTIENT (..)”

Il y a les violences physiques mais aussi psychologiques. Il lui interdit de porter des jupes ou de s’adresser à d’autres hommes, même par le biais d’un commentaire sur Facebook. Les policiers retrouvent une jeune femme avec qui le conjoint violent a eu une relation sans lendemain. Celle-ci a pris le large quand il lui a imposé illico presto de ne pas mettre de robe et de s’imprégner de sa religion en lui remettant un livre sur l’islam. “Quand une femme m’appartient, elle ne doit pas porter de jupe par rapport à ma religion”, soutient-il à la barre.

Sofienne Hajji est questionné sur des propos tenue à sa compagne, opérée d’un cancer de l’utérus. “Vous lui avez dit que vous étiez allé avec une autre, qu’elle ne servait plus à rien parce qu’elle n’avait plus d’utérus”, lui a remémoré la représentante du ministère public. Et lui de répondre : “C’est pas impossible. Je suis encore jeune. J’ai voulu offrir un enfant à ma mère”. 

Cette petite phrase n’a pas échappé à la famille réunionnaise de Marie-Bergerette, morte brûlée en avril 2018. Elle a même eu un terrible effet boomerang sur Christine, sa belle-sœur. Car six mois avant le drame, Sofienne Hajji avait eu ce commentaire sur son profil Facebook : “Je suis avec une vache qui n’arrive même pas à faire d’enfant”. Mise au courant, Marie-Bergerette lui avait trouvé des circonstances atténuantes, expliquant que ne pas être père serait vécu comme une honte vis-à-vis à des siens.

Le procès de Quimper s’est soldé par la condamnation de Sofienne Hajji à dix-huit mois de prison dont six avec sursis. En détention, il ne devra plus s’approcher de sa victime pendant deux ans ni même paraître dans le Finistère. A La Réunion, il devra par contre revenir pour son procès criminel avec un casier judiciaire lourd de sens.

Eric Lainé avec Le Télégramme

[email protected]

 

 

 

La première épouse morte brûlée en 2018

Bis repetita. L’affaire de Quimper fait étrangement écho au contexte dans lequel s’est inscrite la mort suspecte de Marie-Bergerette Baltimor à La Réunion. Un an avant le drame, les proches de la défunte soupçonnaient qu’elle était battue. En témoigne une photo “avec un œil au beurre noir” ou ce jour où son mari l’avait frappée devant témoin.

“Elle s’est assoupie sur le canapé et n’a pas répondu à son coup de fil. Il était furieux en arrivant et lui a donné une gifle en pleine figure”. La famille avait aussi noté un brusque changement après le mariage. Plus question pour elle qu’elle ait des amis. “Il l’avait coupée de son entourage”. Les voisins avaient fait état de violentes disputes.

IL N’ALERTE PAS  LES SECOURS

Et puis il y a ce funeste 8 avril 2018 où le corps de Marie-Bergerette s’est embrasé dans la cuisine à l’issue du repas. Lui a soutenu la thèse d’un suicide par immolation avec de l’alcool ménager. Très grièvement brûlée, elle hurle. Il utilise des coussins et de l’eau pour éteindre les flammes. Tandis qu’elle souffre le martyre, il n’alerte pas les secours. Comme elle tient encore sur ses jambes, il lui dit de l’attendre à la voiture, au pied de l’immeuble.

Lui s’attarde étrangement dans l’appartement pour soi-disant éteindre un reste d’incendie. Quand il la rejoint, elle a elle-même alerté les secours. “Dépêchez-vous parce que ça brûle…”, lâche-t-elle. Elle partira avec le Smur au service des grands brûlés à Bellepierre. Un jour que la famille y croise Sofienne Hajji, il dit : “Elle est folle, elle a voulu se suicider”.  

Dans les colonnes du Journal de l’Ile, la famille anéantie avait exhorté Sofienne Hajji de “libérer sa conscience” et “dire la vérité” après sa mise en examen. Si le procès de Quimper a levé un coin de voile sur sa véritable personnalité, le drame de Saint-Paul est loin d’avoir livré tous ses secrets.



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