[Faits Divers] Délicat couvre-feu | Clicanoo.re

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La veille de l’annonce de nouvelles restrictions dans l’hexagone, c’est le ministre de l’intérieur qui avait donné satisfaction aux syndicats de policiers à travers une série de mesures. Un timing idéal alors que les forces de l’ordre seront à nouveau sur le pont dès ce week-end pour contrôler l’application du couvre-feu notamment.

Situation chaude, tendue, explosive… Les qualificatifs ne manquent pas dans la presse régionale ou nationale pour décrire l’état dans lequel se trouve les forces de l’ordre. Le mouvement des gilets jaunes avait déjà mis en lumière le profond malaise qui traverse la profession et la colère qui se cristallise immanquablement à son encontre. Déjà éprouvés, policiers et gendarmes ont remis le couvert pour assurer le respect des mesures de confinement décrétées à la mi-mars face à la propagation du Sras-Cov 2. Le tout dans un climat où les violences à l’encontre des forces de l’ordre sur le territoire national augmentent, avec des agressions de plus en plus violentes. Attaque de commissariat aux mortiers d’artifice, agents blessés par balles… L’actualité récente s’en fait le triste écho.

 

Et alors que les violences policières se retrouvaient au coeur des débats il y a quelques mois, décision avait été prise de retirer la clé d’étranglement de leur arsenal pour interpeller un suspect. Un tollé pour l’ancien premier flic de France…
Difficile de s’y retrouver, tant les problématiques s’entremêlent, un fait marquant en chassant un autre en quelques heures. Le malaise croissant des policiers n’a pourtant rien d’une nouveauté.  

 

Ce mercredi, c’est donc Gérald Darmanin qui est venu apporté certaines réponses aux syndicats de la profession. “On demandait depuis quatre ans un vrai statut pour les agents qui travaillent de nuit”, explique Gilles Clain, secrétaire départemental Unité SGP FO police. “Ce n’est pas encore parfait, mais il y a de véritables avancées sur le sujet”.

 

Ceux que l’on surnomme les “nuiteux”, sont 153 sur le millier d’agents que compte la police nationale sur l’île. “Il y a d’abord la reconnaissance sur le plan médical de l’impact des horaires de nuit. Mais aussi l’attribution d’un matériel adapté, ainsi que la prise en compte du volet indemnitaire et des avancements sur le plan de la carrière”. Pour se faire, le budget global de la police nationale doit être provisionné de 325 millions d’euros supplémentaires sur 2021. “On attend désormais un retour sur le plan judiciaire, à l’encontre de ceux qui s’attaquent aux forces de police. On nous parle de peine plancher, mais c’est une peine plafond que l’on voudrait voir appliquer”. Hier les représentants nationaux des organisations syndicales concernées, avaient rendez-vous avec le cabinet du chef de l’état pour aborder ces questions toujours sensibles.

 

Vraie reconnaissance du métier

Les annonces de Gérald Darmanin, saluées par les syndicats pour aller dans le sens d’une vraie reconnaissance du métier de policier, sont également arrivées la veille de la prise de parole du président. Avec l’instauration du couvre-feu dans plusieurs grandes villes notamment, les forces de l’ordre vont en effet être aux premières loges pour ces mesures, alors que 12 000 policiers et gendarmes seront mobilisés en ce sens pour vérifier le respect des mesures et éventuellement sanctionner les contrevenants.

 

“J’espère qu’il ne compte pas que sur nous en métropole, parce que nous n’avons ni les moyens, ni le temps, ni les effectifs”. Si La Réunion n’est pas concernée pour l’heure par ce type de mesures, les élus de métropole sont déjà montés au créneau pour faire appel au civisme de la population. Le porte-parole du gouvernement assurait lui-même hier qu’il n’était pas possible de mettre un policier derrière chaque citoyen. “Qu’on nous donne déjà les moyens d’avoir un policier derrière chaque mission de police secours, ce serait bien. D’un côté on prend en compte le malaise grandissant des collègues, et de l’autre on nous surajoute sans arrêt des charges et des charges”, modère Gilles Clain.     

Dans un climat général de lassitude de la population face à certaines restrictions, la tâche des forces de l’ordre sur les horaires du couvre-feu, risque bien de ne pas être qu’une partie de plaisir.

J.G.



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