Face à Trump et son décret anti-Huawei, la Chine en riposte sur les terres rares ?

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En formalisant la défiance envers Huawei par un décret lui rendant très difficile les relations commerciales avec des entreprises américaines, Donald Trump a-t-il enclenché un mouvement de fond aux conséquences difficilement prévisibles ?

Huawei logoDéjà, les entreprises américaines annoncent cesser, au moins en partie, leurs relations commerciales avec le groupe chinois, de l’accès à l’OS mobile Android à l’approvisionnement en composants électroniques.

Les discussions sont en cours sur la révision des accords commerciaux à la lumière de cette nouvelle donne et bien des implications restent sans doute encore à découvrir.

Huawei continuera-t-il à proposer Android, sans les services de Google, ou bien en imposant des manipulations pour les récupérer à part, ou bien encore en proposant des services mobiles alternatifs de son cru ? Choisira-t-il alors de passer par un OS mobile maison dont l’existence est suggérée depuis plusieurs années ?

Les options restent ouvertes mais il faudra encore compter avec la réaction du public. Accepter de laisser encore plus de données personnelles filer vers les serveurs chinois, après avoir laissé ces mêmes données s’accumuler sur des serveurs américains ? Pas si simple…

Mais Donald Trump peut faire bloquer l’accès aux composants américains, son homologue Xi Jinping a aussi des leviers à actionner. Sa visite ce lundi d’un site d’extraction de terres rares est sans doute loin d’être anodin.

Ces terres, pas si rares, sont indispensables à la fabrication de nombreux composants électroniques et la Chine en est le fournisseur mondial de référence, et de loin. Elle pourrait donc très bien imposer des restrictions sur les exportations qui toucheraient durement en retour les fabricants de composants et par extension leurs concepteurs…c’est à dire ces mêmes entreprises américaines qui ont suspendu leurs approvisionnements à Huawei !

Cette situation de quasi-monopole de la Chine dans la production de terres rares a déjà déclenché des remous au début des années 2010, l’Empire du Milieu ayant décidé d’imposer des quotas d’exportation plus restrictifs, officiellement pour préserver les ressources, mais qui ont créé des tensions et des plaintes auprès de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce).

La volonté du Japon d’exploiter de nouveaux gisements au fond de l’Océan Pacifique, aussi coûteux et destructeurs de l’environnement soient-ils, en dit long sur l’inquiétude de voir la Chine utiliser les terres rares pour imposer ses vues.

D’autres zones d’extraction existent aux Etats-Unis et en Australie mais elles sont considérées comme stratégiques et restent donc inexploitées…pour le moment. Une raréfaction de la ressource ou des tarifs prohibitifs, tels qu’imposés par des quotas, pourrait obliger à les activer.





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