Et le rapport LSL dans tout ça ?

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Il est beaucoup question du rapport de la Commission d’enquête sur la drogue ces derniers temps. Paul Lam Shang Leen, cette ancienne grosse pointure des barreaux, avait livré, il y a déjà deux ans, un rapport de plus de 250 pages détaillées, identifiant plusieurs zones d’ombre, failles et manquements, qui explique, en partie, que le trafic de drogue prolifère dans notre pays.

Plus spécifiquement, ces jours-ci, il est beaucoup question des recommandations de ce comité. D’abord, relativement à la gestion de nos eaux territoriales, concernant la circulation des navires et autres types de transports usant des voies maritimes. L’entrée, toujours inexpliquée, du MV Wakashio dans nos eaux, a ramené sur le tapis la question du manque de contrôle autour de notre île. Ce bateau transportait-il de la drogue pour des commanditaires à Maurice ? Est-ce que de la came se trouvait dans ses cales ? Pendant que les autorités prenaient leur temps pour intervenir, des personnes sont-elles descendues à terre ou est-ce que d’autres ont accosté le bateau, le temps de procéder aux transactions ? Beaucoup d’interrogations… Après qu’il se soit scindé en deux, une partie de l’épave du MV Wakashio a été coulée en quatrième vitesse, emportant ses secrets.
Autre actualité qui ramène au rapport Lam Shang Leen (LSL) : plusieurs saisies de drogues, dont la plupart concernent… le port ! Point faible ciblé et mis en exergue dans le rapport de la Commission d’enquête, notre port comporte une série de « loopholes », comme le faible taux de scanning des conteneurs (5% seulement selon le rapport) débarqués, par exemple, et qui est pointé du doigt dans le rapport LSL. Plusieurs arrestations et saisies, ces derniers jours, gravitent toujours autour du port…

Bien que deux ans se soient écoulés et que Pravind Jugnauth occupe toujours le fauteuil de PM, il semble que la grande majorité des recommandations du rapport LSL ont tout simplement été… ignorées ! Sinon, comment expliquer qu’en pleine crise sanitaire mondiale, avec le ralentissement de la circulation des navires, comme des avions, le trafic prolifère toujours, au nez et à la barbe des autorités ? Si les mesures strictes, comme préconisées par Lam Shang Leen & Co, avaient été mises en application, la donne aurait certainement été différente…

Il n’est pas trop tard pour que Pravind Jugnauth rectifie le tir. Encore faut-il qu’il en ait la volonté. Par contre, pour ce qui est de la répression, le chef du gouvernement démarre… au quart de tour ! À ce titre, par exemple, la traque des pseudo-trafiquants. Oui, certes dans le combat contre la drogue, il faut une dose de répression. Mais pas à outrance.

Actuellement, chez nous, les travailleurs sociaux œuvrant auprès des usagers de drogues, qu’ils soient des consommateurs d’opiacés, de « simik » ou de cannabis, s’accordent à déplorer le fait que « beaucoup de jeunes, surtout, les ados, et également des adultes, se tournent vers les drogues de synthèse. Raison principale ? Ces personnes fument, habituellement, un joint ou deux. Mais depuis un bon bout de temps, le cannabis est introuvable sur le marché local. Ce qui fait que ces personnes n’ont d’autre choix que les drogues synthétiques…»
Loin de nous de faire une quelconque apologie du cannabis. Idem pour ces travailleurs sociaux. Cependant, comme l’a souhaité Paul Lam Shang Leen dans son rapport, « un débat dépassionné sur le cannabis est très important ». Impératif même. Parce qu’il y va de la vie des Mauriciens. Autrement, Pravind Jugnauth ne fait rien d’autre que le jeu des trafiquants qui s’enrichissent sur les malheurs des consommateurs !

Réalise-t-il cela ? Ses super conseillers ne l’ont pas encore compris ? Oui, certes, il a déclaré qu’il allait suivre le modèle du Portugal en matière de décriminalisation des drogues. Mais quand ? Combien de jeunes vont devoir mettre en péril leur vie avant qu’il n’en fasse une priorité ?

Un débat dépassionné et objectif autour de l’usage et de la consommation du cannabis est de prime importance. Les utilisations multiples, dont parmi, pour des raisons médicales, de cette plante ne doivent pas être négligées.

 





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Le Mauricien

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