Elue sans enthousiasme, Ursula von der Leyen s’expose à des débuts difficiles à la tête de la Commission européenne

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Zones d’ombre sur le fond, divisions au sein des groupes, critiques contre la procédure de désignation… l’Allemande a été élue mardi avec seulement 383 voix.

Par Publié aujourd’hui à 22h38

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Ursula von der Leyen a été élue présidente de la Commission européenne le 16 juillet.
Ursula von der Leyen a été élue présidente de la Commission européenne le 16 juillet. VINCENT KESSLER / REUTERS

Une fois le résultat connu, elle a sautillé vers ses amis, mais la joie était-elle vraiment de mise pour Ursula von der Leyen, au Parlement européen de Strasbourg, mardi 16 juillet ? La candidate allemande pour la présidence de la Commission de Bruxelles a été élue, certes, mais avec seulement 383 voix pour, 327 contre, 22 abstentions et 1 vote nul. Loin du score de 444 voix auquel elle pouvait prétendre puisqu’elle était soutenue, en théorie, par les trois principaux groupes de l’assemblée – le Parti populaire européen (PPE), les sociaux-démocrates (S&D) et les libéraux démocrates de Renew Europe (RE).

« Une majorité est une majorité, je n’aurais pas cru à mon élection il y a deux semaines, mais en treize jours nous avons réussi à former une majorité proeuropéenne », a-t-elle expliqué au cours d’une conférence de presse, reconnaissant que la mise à l’écart, par les chefs d’Etat et de gouvernement, des spitzenkandidaten issus du Parlement, avait créé « beaucoup de ressentiment ».

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Ce n’est toutefois pas la seule raison, semble-t-il, qui explique ce score ténu, augurant d’un démarrage difficile pour celle qui succédera, en novembre, à Jean-Claude Juncker. Des divisions au sein des groupes, des critiques contre la procédure de désignation à laquelle le Conseil (les Etats) a eu recours et certaines zones d’ombre dans les annonces faites le matin même par la prétendante expliquent la faiblesse de son score. Qui a sans doute (le vote se faisait à bulletins secrets) été acquis grâce au ralliement de quelques eurosceptiques ou europhobes. « J’ignore qui a voté, ou non, pour moi. Ce qui importe, c’est ma conviction : il faut trouver des solutions à nos divisions », a souligné la présidente élue.

« Green deal » européen

« Heureusement qu’elle a sauvé les meubles le matin », soupirait, mardi soir, un cadre du PPE. Avec pas mal d’habileté et une force de conviction qui, plusieurs fois, a entraîné des applaudissements nourris, la candidate allemande avait, en effet, agité l’idée d’une Europe forte, « plus juste et plus unie ». Commençant son intervention par un bref passage en français, elle s’est placée dans la lignée de Simone Veil, élue présidente de l’assemblée de Strasbourg quarante ans plus tôt. « Et c’est avec une grande fierté que je peux dire : c’est finalement une femme qui est candidate à la présidence de la Commission européenne », lançait-elle sous les vivats.



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