[Economie] 9 villes réunionnaises dans le classement des 20 communes les plus pauvres de France

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« Où vivent les personnes pauvres ? » Dans sa vaste enquête sur la pauvreté en France publiée ce jeudi, l’Observatoire des inégalités se penche, entre autres, sur les zones géographiques où se trouvent les près de 9 millions de personnes qui vivent avec moins de 1 041 euros par mois en 2017, c’est-à-dire sous le seuil de pauvreté. Parmi les communes où le taux de pauvreté est le plus élevé, neuf sont réunionnaises.

Document observatoire inegalite

(Pour information, seules les communes avec plus de 20 000 habitants sont prises en compte)

 

Le taux de pauvreté correspond à la part de la population qui vit avec un revenu disponible inférieur au seuil de pauvreté. À la lumière de ce classement, le constat est accablant, quasiment la moitié des villes où le taux de pauvreté est le plus élevé de France sont situées à La Réunion. Pire encore, les cinq communes qui trustent le haut du classement sont réunionnaises. Au Port, à Saint-Benoît, Saint-Louis, Saint-André et Saint-Joseph, le taux de pauvreté frôlent les 50%, c’est trois fois plus que la moyenne nationale (14% en 2017).

 

Par ailleurs, le rapport de l’Observatoire des inégalités souligne qu’Il s’agit de zones avec un taux de chômage très élevé et qui accueillent des populations démunies. Cependant, le rapport indique “niveau de pauvreté élevé ne veut pas forcément dire déclin“, un argument étayé un peu plus loin dans l’étude “sur le fond, un niveau de pauvreté élevé dans une commune ne veut pas forcément dire déclin. Certaines communes dynamiques en termes d’emploi attirent des populations modestes qui viennent y chercher meilleure fortune. Inversement, certaines communes sinistrées voient leur population baisser“.

 

Toutefois, l’étude révèle que La Réunion est dans le top trois des régions de France les plus pauvres avec la Martinique et la Corse. Dans un autre classement qui concerne, cette fois, les 20 communes où le nombre de personnes pauvres est le plus élevé de France, trois villes réunionnaises apparaissent : Saint-Denis, Saint-Paul et Saint-Pierre avec respectivement 49 000, 35 000 et 34 000 pauvres sur leur territoire.

 

Observatoire des inegalités

(Pour information, seules les communes avec plus de 20 000 habitants sont prises en compte)

 

Selon les derniers chiffres de l’INSEE, à La Réunion, 40% de la population vit sous le seuil de pauvreté, c’est trois fois plus qu’en métropole. Un élément pourrait être un début d’explication à ce phénomène : le déficit d’emplois très important sur l’île. C’est particulièrement le cas dans de petites communes rurales, où l’emploi est rare : plus d’un habitant sur deux vit sous le seuil de pauvreté à Sainte-Rose, Cilaos, et Salazie.

 

Pour autant, avoir un emploi ne suffit pas toujours à éviter une situation de pauvreté. Les revenus des Réunionnais sont plus faibles et la population plus dépendante à l’aide sociale que dans l’hexagone. “Ce qui permet de réduire la pauvreté et les inégalités de revenus.” indiquait l’INSEE dans un rapport sur la pauvreté publié en début d’année.

 

En juin dernier, la Caisse d’allocations familiales (Caf) a annoncé que 2,1 milliards d’euros de prestations ont été versés dans notre département en 2019. La Caf de La Réunion compte 279 956 allocataires, un chiffre en hausse de 4,2 % par rapport à 2018. Au total, 78 % de la population réunionnaise a bénéficié d’une aide, 662 598 personnes sont donc couvertes par au moins une prestation (personnes à charge comprises).

 

Plus inquiétant : un tiers des allocataires de la Caf de La Réunion sont entièrement dépendants des allocations, plus particulièrement dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville.

 

Le rapport de l’Observatoire des inégalités prend en compte des données datées d’avant la crise du Covid-19, mais les spécialistes qui ont participé à l’étude indiquent “en 2020, le produit intérieur brut (PIB) devrait chuter de 10 %. Les répercussions vont être considérables pour une partie de la population. À la fin de l’été, le nombre de foyers allocataires du seul RSA avait déjà grimpé de 10 % par rapport au début de l’année 2020, soit environ 400 000 personnes supplémentaires si l’on compte les conjoints et les enfants qui vivent de ce minimum social. Fin septembre, le nombre de chômeurs avait augmenté de 360 000. Fin 2020, la hausse devrait être comprise entre 800 000 et 900 000 nouveaux chômeurs, avec des conséquences sur le nombre de personnes pauvres.



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