Dans le Colorado, la méthode Bloomberg

0
67


Mike Bloomberg  en campagne à El Paso, au Texas, le 29 janvier.
Mike Bloomberg  en campagne à El Paso, au Texas, le 29 janvier. CENGIZ YAR / AFP

Soulagement général à la soirée des partisans de Michael Bloomberg, mardi 25 février à Denver (Colorado). L’ancien maire de New York a été moins aphasique pendant le débat des candidats démocrates que lors de sa première apparition, le 19 février à Las Vegas (Nevada). « La semaine dernière, c’était brutal, commente Uriel Berrum, 26 ans, directeur de la campagne numérique du milliardaire et fondateur d’une start-up de promotion des Latinos en politique. Cette fois, on a beaucoup plus de contenu à retweeter. »

La soirée se tient dans l’un des endroits branchés de Five Points, un quartier où les « Anglos » évitaient de s’aventurer il y a dix ans. Un bar gay aux écrans de télé fixés sur les briques apparentes. « C’est le début d’un come-back », exulte Janette Sadik-Khan, l’ancienne commissaire aux transports à la mairie de New York, une urbaniste qui a réussi à créer des pistes cyclables et des espaces piétonniers sur Broadway. « La compétition va bientôt se résumer à un duel : Michael Bloomberg contre Bernie Sanders », assure l’ex-maire de Miami (Floride) Manny Diaz, qui lui aussi est en tournée de soutien à « Mike 2020 ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Primaires américaines : à Las Vegas, le milliardaire Michael Bloomberg aiguise les rivalités démocrates

Parti tard en campagne, absent des premiers scrutins, Michael Bloomberg mise sur le Super Tuesday du mardi 3 mars – quatorze Etats concernés, dont le Colorado – pour s’imposer comme le recours des modérés : l’anti-Bernie Sanders.

L’Etat des Rocheuses n’est pas le plus riche en délégués (67 contre 415 en Californie), mais il compte une forte proportion (40 %) d’indépendants, ces électeurs qui ne déclarent aucune préférence lors de leur inscription sur les listes électorales. Le technocrate-milliardaire espère y faire l’illustration de sa stratégie de rassemblement au centre. « Mike Bloomberg ne pense pas que c’est en promettant une révolution qu’on va gagner des Etats comme la Floride, le Wisconsin ou le Colorado », explique Curtis Hubbard, un vétéran de la politique locale recruté par le milliardaire.

Electeurs écartelés

En 2016, « Bernie » y avait devancé Hillary Clinton, mais cette année, le Colorado a échangé ses caucus contre une primaire ouverte aux indépendants. Le sénateur du Vermont est donné gagnant mais, derrière lui, le paysage est plus difficile à déchiffrer. Comme ailleurs, les électeurs sont écartelés.

Steve Kapner avait voté pour Sanders aux caucus de 2016. Retraité de l’enseignement, les yeux pétillants, il n’est guère effrayé par le socialisme : sa mère, d’origine polonaise, était une admiratrice du très progressiste vice-président de Roosevelt, Henry Wallace. En temps ordinaire, il n’aurait même pas considéré la candidature d’un milliardaire aussi « peu charismatique » que Michael Bloomberg. Mais cette année, il réexamine ses priorités. « Gagner, c’est le plus important, estime-t-il. Bernie a fait deux erreurs : se déclarer socialiste et proposer un plan Medicare for All qui élimine les assurances privées. Sauf s’il accepte de le modifier, je ne pense pas qu’il puisse gagner. »



Source link

Have something to say? Leave a comment:

Booking.com