Contre la « censure », l’extrême droite américaine appelle à rejoindre des réseaux sociaux alternatifs

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Facebook et Twitter « déchirent le tissu même de notre démocratie », a affirmé, lundi 9 novembre, Bill Russo, le responsable de la communication de Joe Biden, estimant que les réseaux sociaux ne faisaient pas assez pour limiter la diffusion de messages complotistes accusant sans preuve le président élu d’avoir « volé » l’élection. De très nombreux militants de la droite américaine dénoncent, eux, une « censure » illégale de la part de Facebook, Google ou Twitter, et s’inscrivent sur des réseaux sociaux « alternatifs » et non modérés, créés par des militants de droite ou d’extrême droite.

Le réseau social Parler, qui se veut un équivalent « libre » de Twitter, a ainsi vu le nombre de ses inscriptions exploser depuis l’élection. En une semaine, son nombre d’utilisateurs est passé de 4,5 millions à 8 millions, affirme le réseau social, possédé en partie par l’activiste pro-Trump Dan Bongino. « Combattez la tyrannie technologique. Mobilisez-vous pour la liberté sur les réseaux sociaux. Inscrivez-vous sur Parler », écrit M. Bongino dans un message sur son site, où il appelle également à lutter contre « l’inquisition numérique ». Dimanche, l’application s’était hissée à la première place du classement des téléchargements sur le magasin d’application d’Apple, dans la catégorie réseaux sociaux.

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Gab, un réseau social prisé de l’extrême droite créé il y a plusieurs années par Andrew Torba, qui se définit comme un « entrepreneur chrétien », a également annoncé avoir connu un afflux d’inscriptions et de visites. « Gab a été visité 7,7 millions de fois en octobre (99 % d’augmentation par rapport à septembre), mais rien que pour la semaine dernière nous avons eu 7,5 millions de visites. Des centaines de milliers de personnes ont créé un compte sur Gab cette semaine », écrit M. Torba dans un message sur le site de Gab, dans lequel il attribue cette croissance aux « interférences électorales » des médias, des réseaux sociaux et du Parti démocrate.

A ces deux réseaux proches, dans leur fonctionnement, de Twitter, s’ajoutent plusieurs plates-formes conservatrices plus petites, comme Newsmax, qui ont également revendiqué de fortes croissances.

Des réseaux qui n’ont jamais réussi à s’imposer

Ces chiffres impressionnants ne sont cependant pas l’indicateur définitif d’un succès durable. Après la manifestation d’extrême droite de Charlottesville en 2017, dans laquelle une personne avait été tuée par un suprémaciste blanc, Facebook et Twitter avaient durci leur modération envers les groupes d’extrême droite. Plusieurs réseaux sociaux ultraconservateurs avaient alors bénéficié d’un important regain d’intérêt, dont Gab, mais aucun n’était parvenu à retenir durablement ces nouveaux utilisateurs.

A l’époque, Gab, comme Parler aujourd’hui, souffrait de problèmes techniques ; ces réseaux « militants » ne peuvent par ailleurs pas remplacer certaines fonctionnalités des réseaux « grand public », comme le fait de garder le contact avec sa famille. Ensuite, du strict point de vue politique, ces réseaux « d’entre nous » sont peu adaptés pour convaincre de nouveaux partisans, puisqu’on n’y échange qu’entre militants conservateurs. Plusieurs sites lancés en 2017 ont aussi connu des problèmes d’argent ou des difficultés juridiques.

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Ces réseaux devraient cependant continuer à bénéficier d’une forte exposition, alors que les grandes plates-formes multiplient depuis l’élection les mesures visant l’extrême droite. Airbnb a ainsi annoncé mercredi avoir bloqué des réservations de membres du groupuscule Proud Boys qui se rendront ce week-end à la manifestation pro-Trump « Million MAGA March » organisée à Washington. Dans cette ambiance très tendue, Facebook et Google ont discrètement étendu leur interdiction temporaire des publicités politiques, mise en place une semaine avant l’élection.

Le Monde





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