Ashraf Ghani, le président afghan sortant, officiellement réélu de justesse

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Ashraf Ghani, le président afghan, fait un discours dans le cadre d’une conférence des Nations unies à Genève, en Suisse, le 28 novembre 2018.
Ashraf Ghani, le président afghan, fait un discours dans le cadre d’une conférence des Nations unies à Genève, en Suisse, le 28 novembre 2018. Fabrice Coffrini / AP

Le président sortant, Ashraf Ghani, a été officiellement réélu à la tête de l’Afghanistan. La Commission électorale indépendante (IEC) a annoncé, mardi 18 février, les résultats définitifs de l’élection présidentielle du 28 septembre.

« La Commission électorale (…) déclare M. Ashraf Ghani, qui a obtenu 50,64 % des votes, président de l’Afghanistan », a déclaré Hawa Alam Nuristani, la présidente de l’IEC, lors d’une conférence de presse. « Que Dieu l’aide à servir le peuple d’Afghanistan… Je prie aussi pour que la paix arrive dans notre pays », a-t-elle ajouté.

Crainte d’une répétition de la crise constitutionnelle de 2004

Il est vrai que les résultats ont été annoncés avec plus de trois mois de retard, près de cinq mois après l’élection. Seize mille cinq cents plaintes pour irrégularités avaient été déposées par les candidats. Les résultats définitifs de la présidentielle pourraient donc être à nouveau disputés, comme ils l’avaient déjà été en 2014. L’équipe d’Abdullah Abdullah, qui a recueilli 39,52 % des voix, a déjà annoncé qu’elle n’accepterait pas de résultats « frauduleux ».

Le vice-président, Abdul Rachid Dostom, un puissant ancien seigneur de guerre et allié d’Abdullah, avait lui aussi menacé de former un gouvernement parallèle si des résultats « frauduleux » étaient annoncés. Tant la population afghane que la communauté internationale craignent une répétition du scénario de 2014, quand Abdullah Abdullah avait contesté les résultats du scrutin, entaché de graves irrégularités, ce qui avait débouché sur une crise constitutionnelle.

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Cette présidentielle a été marquée par une participation très faible, avec 1,8 million de votes pris en compte par l’IEC, sur un total de 9,6 millions d’électeurs enregistrés. Près de 1 million de votes — sur les 2,7 millions recensés à l’origine — avaient été écartés pour irrégularités.

Toutes ses offres de paix avec les talibans ont échoué jusqu’ici

En attendant, Ashraf Ghani sera donc probablement assis face aux talibans à la table des négociations lors des discussions intra-afghanes afin de décider de l’avenir du pays. Cet économiste au caractère bien trempé a échoué ces cinq dernières années à mener le pays vers la paix. Ce dialogue doit commencer après la signature d’un accord entre Washington et les insurgés visant au retrait des troupes américaines du pays en échange notamment de garanties sécuritaires.

Toutes ses offres de paix, à l’exception d’un éphémère cessez-le-feu en juin 2018, marquant la fin du ramadan, ont été refusées par les rebelles, qui qualifient son gouvernement de « marionnette » de Washington. Dans l’hypothèse où les pourparlers de paix échoueraient, Ghani a appelé à combattre les talibans « pendant des générations », si nécessaire, dans un pays entré en guerre il y a maintenant quarante ans.

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