A Berlin, les sociaux-démocrates montent au front contre la Bundeswehr

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La fédération locale du SPD a adopté une résolution contre les visites de militaires dans les établissements scolaires.

Par Thomas Wieder Publié aujourd’hui à 10h53

Temps de Lecture 2 min.

Des soldats allemands au palais Bellevue, à Berlin, le 21 février.
Des soldats allemands au palais Bellevue, à Berlin, le 21 février. JOHN MACDOUGALL / AFP

La proposition a été faite par la section de Spandau, un quartier de l’ouest de Berlin. Samedi 30 mars, lors du congrès de la fédération berlinoise du Parti social-démocrate (SPD), cette section a fait adopter une résolution visant à interdire les visites de représentants de la Bundeswehr dans les établissements scolaires. « Pas de publicité pour tuer ni pour mourir. Voilà pourquoi nous demandons que cessent immédiatement les campagnes de promotion faites par les organisations militaires dans les écoles et les collèges allemands », dit le texte, adopté à plus de 60 % par le SPD de Berlin.

En Allemagne, les interventions de représentants de la Bundeswehr dans les établissements scolaires ne sont pas obligatoires : en 2015, environ 11 000 rencontres ont été organisées en Allemagne, auprès d’environ 260 000 élèves, selon les auteurs de la résolution. D’après eux, les élèves ne sont pas en âge de rencontrer des hommes en uniforme. « Ils sont vulnérables à la propagande militaire et aux discours banalisant les réels dangers des interventions armées », affirme la résolution des sociaux-démocrates berlinois.

« Coup de poing au visage des soldats »

Depuis son adoption, samedi, les réactions à ce texte – dont les auteurs estiment que les réunions d’information de la Bundeswehr sont en fait des campagnes de recrutement déguisées – ont été vives et nombreuses. Sans surprise, les conservateurs l’ont unanimement condamné, à commencer par Ursula von der Leyen, la ministre de la défense (CDU), qui y a vu « un coup de poing mis au visage de chaque soldat ».

Au sein du SPD lui-même, beaucoup ont exprimé leur désaccord, y compris la présidente du parti, Andrea Nahles, qui, lundi, après deux jours de vive controverse, a rappelé, que « les soldats restent les bienvenus dans les écoles ».

Quel sera l’avenir du texte ? Il est trop tôt pour le dire et, compte tenu des réactions suscitées dans son propre parti, le maire de Berlin, Michael Muller (SPD), s’est gardé de préciser s’il comptait le faire voter par sa coalition, composée des Verts et du parti de gauche Die Linke.

Au moment où la CDU et le SPD s’opposent, au sein du gouvernement fédéral d’Angela Merkel, sur le budget de la défense et les exportations d’armes vers l’Arabie saoudite, ce texte vient en tout cas rappeler à quel point une partie de la social-démocratie allemande reste sensible aux sirènes de l’antimilitarisme, surtout quand le SPD cherche à remobiliser sa base. Ce qui est le cas aujourd’hui, partout en Allemagne et particulièrement à Berlin, où le parti n’est crédité que de 16 % à 18 % aux prochaines élections régionales, prévues en 2021, risquant pour la première fois d’être devancés par Les Verts et Die Linke.

Thomas Wieder (Berlin, correspondant)



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