En Corée du Sud, le chef de la secte Shincheonji arrêté pour entrave à la lutte contre le coronavirus

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Lee Man-hee, leader de la secte Shincheonji, lors d’une conférence de presse le 2 mars à Gapyeong, en Corée du Sud.

Sa secte est au centre de l’irruption du nouveau coronavirus en Corée du Sud en février. Le leader de l’Eglise Shincheonji (« nouveau monde ») de Jésus, Lee Man-hee, a été arrêté samedi 1er août pour des soupçons d’entrave à la politique gouvernementale de lutte contre la propagation de l’épidémie.

M. Lee, âgé de 88 ans, a été placé en garde à vue tôt samedi « après que le tribunal du district de Suwon a délivré un mandat d’arrêt à 1 h 20 du matin », a déclaré un porte-parole du tribunal local. Le chef de cette secte est accusé d’avoir donné aux autorités sanitaires des registres inexacts des rassemblements de son église, et de fausses listes de ses membres. Il est suspecté de « tentatives systématiques de destruction de preuves », selon un responsable judiciaire cité par l’agence de presse Yonhap.

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Les personnes liées à ce mouvement, connu pour ses rassemblements de masse d’adeptes en tenue uniforme, représentaient plus de la moitié des plus de 4 000 cas de Covid-19 en Corée du Sud en février, lorsque le pays était l’un des premiers à subir l’épidémie dans le monde. A la date du 19 juillet, elles représentaient 38 % des personnes contaminées au SARS-CoV-2, selon les autorités sanitaires.

Accusations de détournements de fonds

L’Eglise Shincheonji de Jésus a affirmé que ses membres risquaient d’être victimes de stigmatisation sociale et de discrimination s’ils apparaissaient comme tels, dissuadant certains de répondre aux demandes officielles. Le mouvement, au fonctionnement quasi militaire, revendique en effet une culture du secret pour « protéger ses membres des persécutions », dixit son porte-parole, Kim Shin-chang. Ce qui explique les difficultés des autorités à les contrôler.

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Dans un communiqué publié samedi, l’organisation religieuse souligne que cette arrestation « ne constitue pas un verdict de culpabilité ». M. Lee, poursuit le texte, n’était préoccupé que par des « demandes excessives » des autorités concernant des données à caractère personnel, et « n’a jamais ordonné » à ses subordonnés de retenir des informations.

M. Lee est également accusé d’avoir détourné 5,6 milliards de wons (3,9 millions d’euros) des fonds de la secte et d’avoir organisé des événements religieux dans des installations publiques sans approbation.

La Corée du Sud est souvent citée comme un modèle dans la gestion de la crise sanitaire, avec son programme « dépistage, test et traitement ». Trente et un nouveaux cas ont été enregistrés samedi, portant le total à 14 336, dans ce pays de 52 millions d’habitants.

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Le Monde avec AFP



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