En Inde, les experts se montrent moins optimistes que les autorités

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Des soignants dans un centre d’isolement de Bombay, le 8 juillet.

Sous une gigantesque halle qui accueille habituellement des rassemblements religieux, les autorités de New Delhi ont dressé l’un des plus grands centres d’accueil du monde pour les malades du Covid-19. Dix mille lits, la plupart en carton, sont disponibles. Ce n’est pas un hôpital de campagne comme à Wuhan, en Chine, plutôt un centre d’isolement destiné aux patients asymptomatiques ou légers. La capitale indienne – plus de 20 millions d’habitants – est devenue le troisième plus gros foyer de l’épidémie de Covid-19 du pays et souffre d’un sous-équipement en matière hospitalière.

Mercredi 8 juillet, New Delhi enregistrait 2 033 nouvelles infections, ce qui porte le total de cas cumulés à 104 864 et 3 213 morts. Des experts ont prédit pour fin juillet un demi-million de cas dans la ville, qui ne disposait jusqu’ici que de 12 500 lits. Des hôtels et des salles de réunion ont été réquisitionnés. Ils étaient inoccupés, l’Inde a fermé ses frontières le 22 mars et n’accueille plus aucun touriste depuis quatre mois.

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Les autorités viennent également d’inaugurer un hôpital temporaire près de l’aéroport de 1 000 lits dont 250 en soins intensifs, mis en place avec le ministère de la défense. Le chef du gouvernement de l’Etat de Delhi, le centriste Arvind Kejriwal, assure qu’il n’y a pas de pénurie de lits dans la capitale et que le nombre de malades hospitalisés commence à baisser. « De moins en moins de personnes à Delhi ont besoin d’être hospitalisées, de plus en plus de personnes sont soignées à domicile. Aujourd’hui, 9 900 lits d’hospitalisation sont disponibles », a t-il affirmé dans un Tweet.

La situation reste plus préoccupante à Bombay, la capitale économique, et dans le Maharashtra, l’Etat le plus touché avec plus de 217 000 cas et 9 200 morts, suivi par le Tamil Nadu dans le sud du pays, dont la capitale est Madras. Toutefois, les autorités sanitaires de Bombay, qui observent pour la première fois un aplatissement de la courbe des infections, espèrent que le pic a été atteint dans la ville.

Limiter la casse économique

L’épidémie, qui a démarré très lentement en Inde, n’a pas été stabilisée par le confinement drastique décidé précocement par le premier ministre Narendra Modi, le 25 mars, sans doute en raison de la gestion catastrophique de la situation des travailleurs migrants. Après les avoir abandonnés à eux-mêmes pendant plusieurs semaines dans les grands centres urbains, le gouvernement les a laissés rentrer chez eux au moment où l’épidémie progressait, prenant le risque que le virus se répande à travers le pays et atteigne les villages, où vivent les personnes âgées.

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