Le « student » suédois, une fête post-lycée gâchée par le Covid-19

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Graduating students sing and dance inside and out of the makeshift lunch tents that have been put up on the school premises for the students to have lunch separately due to the Covid 19 pandemic at ProCivitas gymnasium in Lund.

Loulou d’Aki pour M Le magazine du Monde

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Publié aujourd’hui à 08h28

« C’est quand même un peu triste… » Mère de trois enfants, Anette Elmer pensait s’être fait une raison. Mais début juin, en arrivant devant le lycée de sa fille – un élégant bâtiment en brique rouge, dans le cen­tre de la cité universitaire de Lund, au sud de la Suède –, la chimiste de 45 ans cache mal son dépit. Au lieu de l’ambiance festive, qui aurait dû habiter les lieux, pour la cérémonie en l’honneur des élèves de terminale, la cour du Lars Erik-Larsson-gymnasiet, quadrillée en une dizaine de sections, a des allures de foire aux bestiaux.

Derrière les cordes, les familles se tiennent à distance les unes des autres. Ce n’est pas compliqué : dans cet établissement, chaque lycéen n’a eu le droit d’inviter que trois personnes. Pas question, pour autant, de renoncer aux traditions. Les parents sont venus avec les pancartes, commandées chez le photographe. On y voit les bouilles réjouies des lycéens quand ils étaient hauts comme trois pommes. D’habitude, brandies vers le ciel, elles permettent aux élèves de repérer leurs proches dans la foule. Aujourd’hui, elles sont superflues.

Petit déjeuner au champagne

Lorsque sa fille, en robe blanche, sort du lycée une dernière fois avec ses camarades de classe, Anette essuie une larme. Ce jour-là, elle l’a imaginé depuis que Siri est entrée à l’école, « comme beaucoup de parents, je pense ». Les fêtes de fin d’année, du jardin d’enfants au collège, rendez-vous immuables du calendrier ­scolaire suédois, ont constitué autant de répétitions avant ce grand final qu’est le student. Ce mot suédois signifie « étudiant ». Il désigne aussi la fête de fin de scolarité des lycéens, après treize ans passés sur les bancs de l’école. Autant dire presque toute une vie, pour des jeunes de 19 ans, bien décidés à marquer le coup. La fête de student a lieu, en général, entre fin mai et début juin, quelques jours après le studentbal, le « bal de promo », qui signale le lance­ment des festivités.

Si la forme et l’ampleur des célé­brations varient d’une commune – et même d’un lycée – à l’autre, la ­cérémonie a ses codes et rituels im­muables. La tenue, par exemple : robe traditionnellement blanche pour les filles, costume pour les garçons. Les élèves entament la journée par un petit déjeuner au champagne, dans un parc ou chez l’un d’entre eux. Puis ils mettent le cap sur le lycée.

Au lycée Polhem de Lund, en juin, à l’arrivée de la traditionnelle « course » devant les familles.

Au programme : photo de classe, repas avec les professeurs, discours du directeur et, enfin, le moment tant attendu : en bas des escaliers du bahut, la « course » (utspringning), devant les familles, réunies dans la cour, suivie de la parade dans les rues, avant une grande fête à la maison, avec les proches et les amis.

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