« Dans le Golfe, les disputes politiques l’emportent sur les besoins des peuples »

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Depuis le 5 juin 2017, les Emirats arabes unis, l’Arabie saoudite, Bahreïn et l’Egypte ont placé le Qatar, qu’ils accusent de complaisance à l’égard des islamistes et de Téhéran, sous embargo diplomatique et économique. A l’occasion des trois ans de cette crise, Mohamed Ben Abdel Rahman Al-Thani, ministre des affaires étrangères de l’émirat, revient sur ces conséquences, alors que l’ensemble des pays du Golfe sont confrontés à l’épidémie de Covid-19.

A l’automne dernier, on a perçu quelques signes de détente entre les acteurs de la crise du Golfe. Et puis ce rapprochement a cessé. Où en est-on aujourd’hui ?

Malheureusement, les efforts de l’année passée n’ont pas fonctionné, même s’il y a eu des progrès. Il semble que l’autre camp ne voulait pas s’engager dans de véritables négociations. Les efforts de médiation de l’émir du Koweït et des Etats-Unis se poursuivent néanmoins. Nous demeurons prêts à discuter d’une solution de long terme, pour autant que celle-ci n’empiète pas sur notre souveraineté et ne viole pas le droit international. Mais il faut bien comprendre que cette crise a été montée de toutes pièces, avec une campagne de diffamation et de propagande contre le Qatar, qui n’avait aucune justification et qui se poursuit à ce jour. S’il n’y a pas eu de percée dans les négociations, c’est parce que l’aspect fabriqué de la crise n’a jamais été reconnu.

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Les Etats-Unis s’efforcent de régler l’aspect aérien de la crise, en poussant l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis à rouvrir leur ciel aux appareils de la Qatar Airways. Quel est le degré de détermination de Washington ?

Aucun progrès n’a été réalisé pour l’instant. Mais nous restons en contact étroit avec les Américains. Cette histoire est illégale depuis le début. Notre dossier est devant la Cour pénale internationale et devant l’Organisation de l’aviation civile internationale et nous espérons récupérer notre espace aérien.

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Dans le débat sur le monde d’après, quelle est la position du Qatar ? Que doit-on changer pour qu’une crise sanitaire comme celle que nous avons traversée ne se répète pas ?

Plus aucun pays ne peut se sentir à l’abri, c’est ça la nouveauté. Les précédentes épidémies, comme celles du SRAS, ne s’étaient pas véritablement propagées à des régions différentes de celles où elles avaient émergé. Mais la pandémie de Covid-19 a atteint chacun de nous. Donc, la première leçon à tirer de cette crise est que tous les pays du monde doivent se doter d’un système de santé résilient, capable de faire face. Ensuite, il faut renforcer le multilatéralisme et la coopération internationale, s’assurer que les pays disposent d’une plate-forme unifiée pour échanger leurs vues et leur expérience. Enfin, nous devons garantir la protection des filières d’approvisionnement, de façon à pouvoir satisfaire nos besoins domestiques, mais aussi les besoins d’autres pays.

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