Au Royaume-Uni, le virage à gauche toute du pitbull populiste de « Good Morning Britain »

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<p>Depuis la conversion de Piers Morgan (ici, le 20 mai), plus aucun membre du gouvernement britannique ne se risque sur le plateau de son émission.</p>

Depuis la conversion de Piers Morgan (ici, le 20 mai), plus aucun membre du gouvernement britannique ne se risque sur le plateau de son émission.

SHUTTERSTOCK

Il est l’une des stars du petit écran britannique. Piers Morgan, 55 ans, l’animateur de « Good Morning Britain » (GMB), la matinale d’ITV, a le cheveu abondant, le regard vif et le verbe haut, et n’est jamais à court de prise de bec à l’antenne. Plus qu’un journaliste politique pugnace, c’est un vrai pitbull. On l’avait vaguement à l’œil avant l’épidémie de Covid-19 : cet antiféministe, ami autoproclamé de Donald Trump, était un féroce brexiter. Ou plutôt, un adversaire acharné des remainers, ces partisans d’un maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne. « Est-ce que vous allez enfin arrêter de couiner et accepter le résultat du référendum ? ! » apostrophait-il, en décembre 2019, Alastair Campbell, un ex-spin doctor de Tony Blair.

Fin mars, alors que le gouvernement Johnson décidait le confinement avec une bonne semaine de retard sur le reste des grands pays européens, Piers avait encore l’esprit à plaisanter : « Coronavirus, l’horreur : on vient juste de me dire que j’allais devoir me maquiller tout seul ! », tweetait-il. Et puis brutalement, il y a eu ce changement de ton, ces propos graves, ces interrogations anxieuses. Le 23 mars, par exemple : « Maintenant, c’est à nous de jouer. Nous devons TOUS obéir aux nouvelles lois, pour nos prochains. Sinon, des gens vont mourir, c’est aussi simple que cela. » Le lendemain : « Si le coronavirus est dangereux au point que le premier ministre a demandé à tout le monde de rester à la maison, pourquoi le gouvernement continue-t-il de laisser des travailleurs non essentiels aller au boulot ? Cela n’a aucun sens ! »

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Jeu de massacre à l’antenne

Depuis, c’est un festival, tous les matins de la semaine, entre 6 heures et 9 heures : Piers fustige le manque de matériel de protection, les tests insuffisants et alerte sur le sort des pensionnaires des maisons de retraite abandonnés à leur triste sort (au moins 12 000 morts, selon certaines évaluations). Exit l’agressivité contre Meghan Markle, sa tête de Turc préférée, ou contre les saucisses végétariennes de la chaîne de fast-food Greggs : Piers a viré 100 % Covid. Précis, documenté, il est devenu l’un des critiques les plus acharnés de Boris Johnson, le porte-parole des malades, des infirmiers et conducteurs de bus « en première ligne » face au virus : « la voix de la Nation », estime le très à gauche Guardian.

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