Au Québec, les « snowbirds » revenus de Floride font peur

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Un senior sur une terrasse de café, le 12 mars à Palm Beach (Floride).
Un senior sur une terrasse de café, le 12 mars à Palm Beach (Floride). EVA MARIE UZCATEGUI / AFP

LETTRE DU CANADA

Ils sont partis après les fêtes, début janvier, en direction du soleil. Chaque année, près d’un million de retraités québécois fuient la rigueur de l’hiver pour s’évader vers le Sud, le Mexique, Cuba ou encore la Floride, qui a leur préférence. Quelque 2 500 kilomètres de transhumance vers le « Sunshine State » pour ces « snowbirds », comme on les appelle ici, histoire de goûter pendant quelques mois la chaleur des plages américaines et les joies des soirées barbecue en plein air.

Ils s’arrêtent à Tampa, Fort Lauderdale, West Palm Beach, Sunny Isles Beach, Hollywood ou Hallandale Beach, au nord de Miami. Dans de luxueuses villas avec vue sur la mer pour les plus nantis, dans de petites maisons type mobile-home pour la plupart.

Ils sont en territoire américain, mais n’ont nul besoin de savoir parler anglais. Là-bas, ils se retrouvent « tricotés serrés » comme ils le seraient au Québec, pour jouer à la pétanque l’après-midi, au bingo le soir. Les journaux francophones de la Belle Province y sont distribués, quelques enseignes typiquement québécoises comme les rôtisseries St-Hubert y ont ouvert des succursales. Ils sont si nombreux à y avoir leurs habitudes, malgré la faiblesse du dollar canadien qui plombe depuis quelques années leur pouvoir d’achat, que cette partie de la Floride est surnommée le « petit Québec » ou « Floribec ».

Oiseaux de malheur

D’ordinaire, les retraités refont leurs valises vers Pâques, prêts à repartir vers le Nord une fois disparue chez eux toute trace de neige, heureux de se rapprocher de leurs enfants et petits-enfants pour la belle saison au pays. Ils sont autorisés à séjourner 180 jours par an chez le voisin américain sans y payer d’impôt ni perdre leurs avantages québécois, comme leur assurance-maladie.

Mais cette année, début mars, un intrus est venu perturber leur paisible villégiature saisonnière. Et du jour au lendemain, ces oiseaux migrateurs sont devenus des oiseaux de malheur. « Rentrez », les ont d’abord suppliés leurs familles aux premiers signes de l’arrivée du coronavirus sur le territoire québécois. « Le plus tôt sera le mieux », les a pressés François Legault, le premier ministre du Québec, dès la mi-mars.

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Les derniers hésitants ont finalement été convaincus par un argument massue : face à l’explosion de l’épidémie aux Etats-unis, de nombreuses compagnies d’assurances ont fait savoir à leurs clients qu’elles mettraient fin à leur protection s’ils s’avisaient de rester sur place au-delà de la fin mars.

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