La crise du coronavirus fait émerger des dissensions au sein du pouvoir chinois

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A l’aéroport de Wuhan (Hubei), le jour de sa réouverture officielle, le 8 avril 2020.
A l’aéroport de Wuhan (Hubei), le jour de sa réouverture officielle, le 8 avril 2020. Gilles Sabrie pour “Le Monde”

La Chine rouvre la ville de Wuhan (Hubei), qui fut l’épicentre de la pandémie de Covid-19 et déploie sa « diplomatie du masque » sur toute la planète. Plusieurs éléments montrent pourtant que la crise, à la fois sanitaire, diplomatique et économique reste suffisamment grave en Chine pour y provoquer des tensions politiques.

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Mercredi 8 avril, le président Xi Jinping, qui a présidé une réunion du Comité permanent du Bureau politique, le collectif suprême du Parti communiste chinois (PCC), s’est gardé de tout triomphalisme. Au contraire, le secrétaire général du parti a mis en garde contre « l’environnement extérieur », les « difficultés croissantes de l’économie » et « les lacunes » dans la détection de nouveaux malades atteints par le virus. Les critiques américaines contre la dissimulation par la Chine de la gravité de la crise, les polémiques aux Pays-Bas et en Espagne sur la qualité du matériel médical fourni par Pékin et les tensions avec Moscou en raison de nouveaux cas de contamination apparus dans le nord-est de la Chine, à la frontière entre les deux pays, placent Pékin sur la défensive. Surtout qu’en interne les tensions sont latentes.

L’éradication de la grande pauvreté, qui aurait dû être l’une des grandes victoires du Parti en 2020, est désormais loin d’être assurée.

Officiellement, 5 millions de Chinois ont perdu leur emploi depuis le début de l’année. En fait, selon certaines études, près 180 millions d’emplois ont disparu dans le secteur des services. Selon un économiste du fonds Upright Assets, cité par le quotidien hongkongais South China Morning Post, le « chômage frictionnel » toucherait plus de 200 millions de personnes. Une menace sociale évidente dans un pays qui n’a pas de système d’assurance-chômage. L’éradication de la grande pauvreté, qui aurait dû être l’une des grandes victoires du PCC en 2020, est désormais loin d’être assurée. « On sous-estime les faiblesses de la Chine », considère Gérard Araud, ancien ambassadeur de France aux Etats-Unis.

Wuhan, foyer de tensions

Par ailleurs, Wuhan reste un foyer de tensions. Certes le confinement de la ville est officiellement levé, mais les retours vers Pékin ne se font qu’au compte-gouttes. Pas plus de 1 000 personnes par jour alors qu’il y a au moins 11 000 candidats au départ vers la capitale. La campagne actuelle vantant « les héros de Wuhan » ne doit rien au hasard. Début mars, le secrétaire du parti de Wuhan, Wang Zhonglin, avait eu la brillante idée d’organiser une opération pour que les habitants de la capitale du Hubei expriment leur « gratitude » envers Xi Jinping. La bronca a été telle sur les réseaux sociaux que la propagande a préféré retourner l’argumentaire. Désormais, c’est le parti qui remercie les habitants de Wuhan.



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