La Thaïlande met le Covid-19 en musique

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Dans un marché de Chiang Mai, en Thaïlande, le 14 mars.
Dans un marché de Chiang Mai, en Thaïlande, le 14 mars. LILLIAN SUWANRUMPHA / AFP

LETTRE DE BANGKOK

En cette incertaine époque, alors que la peur a fini par rôder dans des villes et des campagnes où l’insouciance était encore récemment de mise, les Thaïlandais ont choisi de mettre le Covid-19 en musique. Que cela soit pour se lamenter sur la mort qui vient, le destin qui frappe ou qu’il s’agisse d’encourager les gens à bien se laver les mains, les musiciens de l’antique royaume de Siam se sont mis à chanter le temps du virus.

Le nombre des personnes infectées par le Covid-19 a fait en Thaïlande un bond spectaculaire en trois semaines, l’essentiel de la contamination ayant proliféré de Bangkok vers la plupart des 77 provinces d’un pays de près de 70 millions d’habitants : on est passé, entre la mi-mars et le 7 avril, d’environ 80 contaminés recensés à plus de 2 220 ; et de 1 à 26 morts durant la même période.

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Depuis la fin mars, l’état d’urgence a été décrété dans tout le pays qui, sans être confiné « à l’européenne », est soumis aux rigueurs d’un couvre-feu nocturne entre 22 heures et 4 heures du matin. Le bilan épidémiologique est certes encore mesuré, en comparaison des désastres en cours en Italie, en Espagne, en France ou aux Etats-Unis, mais suffisamment inquiétant pour que le gouvernement et les autorités sanitaires aient pris, tardivement, des mesures visant à restreindre les mouvements de population.

Tous les magasins qui ne sont pas sur la liste des commerces de première nécessité étaient déjà fermés depuis le 22 mars. Le port du masque s’est généralisé et, régulièrement, on prend la température des voyageurs. Depuis début avril, la quasi-totalité des transports routiers, aériens et ferroviaires est à l’arrêt.

Egayer des semaines sans joie

Pour égayer ces semaines sans joie, les musiciens thaïlandais multiplient les chansons dans le style du très populaire folklore luk thung, la « musique des rizières » ou dans celui du mor lam, la folk aux vocalises heurtées, qui se joue et se chante au Laos et dans les provinces thaïlandaises de l’Isan (Nord-Est).

« Quand vient le Covid, mes larmes coulent », chevrote la « reine » du luk thung, Jintara Poonlarp, qui conseille à ses fans, selon la traduction publiée par le site en ligne « Khaosod » : « le Covid-19 souffle le chaud et le froid, mais ne paniquez pas ! » La musique est traditionnelle, les paroles, elles, sentent fortement une propagande gouvernementale, qui vante la proximité politique et économique des dirigeants thaïlandais avec l’empire du Milieu :



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