Pas de répit pour les ouvriers asiatiques sur les chantiers du Golfe

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Une route déserte de Dubaï (Emirats arabes unis), le 27 mars.
Une route déserte de Dubaï (Emirats arabes unis), le 27 mars. GIUSEPPE CACACE / AFP

La longue corniche de Doha, la capitale du Qatar, sans le moindre promeneur ; les immenses échangeurs de Dubaï, la ville-monde des Emirats arabes unis (EAU), sans la moindre voiture : les photos qui arrivent ces derniers jours en provenance de ces deux émirats du Golfe dépeignent des cités à l’arrêt, figées par les mesures de confinement. Un tableau pas complètement exact.

Si l’activité y a considérablement ralenti, en application des mesures de lutte contre la propagation du coronavirus, qui a fait 18 morts parmi les monarchies de la péninsule arabique, au moins un secteur, et pas le moindre, continue à tourner, aussi bien au Qatar qu’à Dubaï : le BTP.

Dans ces deux principautés, engagées dans des politiques de grands travaux, les ouvriers, qui sont pour la quasi-totalité des migrants originaires d’Asie du Sud, sont convoyés chaque jour sur les chantiers alors que, dans le même temps, les autorités ne cessent d’inciter les habitants à rester chez eux, interdisant tout rassemblement public.

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En ces temps de crise sanitaire, ce traitement à deux vitesses inquiète les ONG de défense des droits humains. « Les travailleurs étrangers font face à un stress et une anxiété accrue, ils ont le sentiment de ne pas être autant protégés que les autres catégories de population », souligne Hiba Zayadin, en charge du Golfe à Human Rights Watch.

A Dubaï, la capitale commerciale des EAU, où 611 malades du Covid-19 et 5 décès ont été enregistrés, les administrations comme les entreprises ont l’obligation de passer au moins 80 % de leur personnel en télétravail. La construction fait partie des « secteurs vitaux » dispensés de cette mesure, au même titre que les banques, les pharmacies, les supermarchés, la police, l’énergie et les hôpitaux.

La décision s’explique par le souci de limiter autant que possible la casse économique dans un émirat qui, contrairement à Abou Dhabi, possède très peu de richesses pétrolières, et dont les secteurs-clés, le commerce de détail, l’immobilier et le tourisme, pâtissent depuis plusieurs années de la baisse des cours de l’or noir.

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La poursuite des chantiers devait aussi permettre à Dubaï de tenir le cahier des charges de l’Exposition universelle, censée s’ouvrir en octobre, au sud de l’émirat. Mais lundi 30 mars, coronavirus oblige, les organisateurs de ce rendez-vous planétaire ont jugé préférable de le reporter d’un an. Le Bureau international des expositions, l’organisation intergouvernementale qui supervise les Expositions universelles, devrait officialiser la décision sous peu.



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