« La solidarité à l’échelle internationale sera indispensable aux pays pauvres »

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Tribune. La pandémie de Covid-19 et les mesures de confinement adoptées par un grand nombre de pays soulèvent déjà des inquiétudes quant aux effets négatifs attendus sur les économies, aux crises financières possibles et au ralentissement de la mondialisation. Il s’agit là d’inquiétudes – légitimes – de pays riches. Car ce que met également à nu cette crise sanitaire, c’est le terrible dilemme auquel seront bientôt confrontés les pays pauvres de la planète.

Chocs sanitaire et économique

Pour ceux qui les ont adoptées, les mesures de confinement total seront nécessairement de très courte durée, donc inefficaces. En effet, hors crise, une écrasante majorité des populations vit déjà des situations économiques difficiles. Environ 1,3 milliard de personnes dans le monde sont pauvres, selon un rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Parmi elles, 50 % habitent l’Asie du Sud, et 30 % l’Afrique. Dans ces pays, les taux de chômage des jeunes sont à des niveaux record, les secteurs de l’industrie et de la transformation n’ont pas les mêmes performances que ceux des pays industrialisés, les productions agricoles sont régulièrement durement touchées à cause de chocs climatiques (invasions acridiennes, sécheresses et inondations).

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Plusieurs centaines de millions de personnes sont sous-alimentées dans ces pays, y compris en Amérique centrale et latine. La baisse actuelle des prix du pétrole ajoute au choc sanitaire un choc économique pour les pays exportateurs d’hydrocarbures et de gaz. Enfin, le ralentissement de la demande dans les pays industrialisés pénalisera les économies déjà très dépendantes de l’extérieur pour leur tourisme ou leurs exportations.

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Alors qu’une polémique naît déjà en Europe sur la stratégie optimale à adopter (faut-il restreindre la circulation des populations et jusqu’à quel point ?), les pays pauvres d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie n’auront vraisemblablement pas ce choix. Car, les conditions économiques, déjà difficiles hors crise, placent les gouvernements face à un dilemme. D’un côté, celui du confinement pour ralentir la propagation du virus, et la mise à l’arrêt au moins partielle des activités économiques, en aggravant une situation déjà difficile en temps normal. Le sacrifice à accepter pour sauver des vies serait une aggravation de la pauvreté. De l’autre, limiter les effets négatifs sur leurs économies du ralentissement de la conjoncture mondiale, en pariant sur une immunité naturelle des populations au contact du virus. Le sacrifice serait alors d’accepter un nombre de morts peut-être très élevé.



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